Viñales et sa région

Après 3 heures de route depuis la Havane, nous sommes arrivés à Viñales. Étant donné l’heure tardive (à 18h il fait nuit à Cuba), nous avons décidé de nous rendre directement à la casa que nous avait conseillée Armando, notre hôte à la Havane.

Le parque nacional Viñales est réputé pour ses plantations de tabac mais surtout pour ses buttes de calcaire appelées mogotes*.

Le premier jour dans la région nous nous sommes rendus à la cueva (grotte) del Indio. Nous avions le choix entre prendre notre voiture ou prendre un taxi moyennant 2 CUC maximum (soit 1,5€) pour effectuer les 8km nous séparant de la grotte. Nous avons décidé d’y aller… à pieds ! Ne dis-t-on pas que la meilleure façon de découvrir un pays c’est en marchant ? Mais pour être honnête, a posteriori, nous ne conseillerions pas ce mode de locomotion car 8km, à pieds, en plein soleil, c’est long, très long…

Cette grotte, la plus touristique de la région s’est avérée être un peu un piège à touristes. Pour 5 CUC par personne, nous avons pu marcher 5 min dans une grotte mal éclairée puis prendre un petit bateau à moteur avec 8 autres touristes et un guide nous décrivant avec beaucoup de passion l’histoire géologique du lieu “ici, vous pouvez observer une stalactite en forme de tête de crocodile… Et là, un hippocampe…”. Passionnant ! (ndlr: comme une impression de déjà vécu…)

Tout ce chemin pour si peu de satisfaction n’étant pas acceptable, nous avons décidé de marcher un peu plus loin pour nous approcher des mogotes et, chemin faisant, nous sommes tombés sur un panneau indiquant un trail pour observer les oiseaux et atteindre un mirador (point de vue) sur la région. Seul bémol, aucune distance ni temps n’était indiqué. Dès le début de notre marche, 2 cubains nous ont interpellés pour nous signaler qu’il était totalement impossible de faire ce trail sans guide et pour, bien sûr, nous proposer leurs services. Car il faut savoir que dans la région de Viñales et apparemment dans tout Cuba, il est “officiellement” interdit de faire la plupart des treks sans guide mais il semblerait également que tout le monde peut se proclamer guide…

Alors pour en revenir à notre trail, nous avons décidé de le tenter par nous-mêmes. Et rapidement les difficultés se sont présentées: aucune indication et plusieurs chemins possibles. Alors, munis de 3 bouteilles d’eau, nous avons suivi notre instinct. A priori un mirador se situe en hauteur donc nous sommes montés… Et après quelques centaines de mètres, nous sommes tombés sur un petit fil rouge accroché à un arbre puis un autre puis encore un autre… Et de fils rouges en fils rouges, après avoir croisé des brebis, des chèvres et des cochons, nous sommes arrivés à un splendide panorama sur toute la région. Les fils rouges continuaient plus loin mais la sagesse et la fatigue nous ont convaincus de revenir sur nos pas.

En fin de journée, nous nous sommes rendus au point de vue de l’un des grands hôtels de la ville pour admirer le coucher de soleil sur les mogotes.

 

Le 2e jour nous sommes allés à Cayo Jutías, à découvrir dans un prochain article.

Après cette journée de détente, il nous fallait revenir à nos mogotes. Une fois de plus, nous avons tenté d’improviser un trek en nous basant sur quelques indications du guide Lonely Planet et beaucoup sur l’aide des paysans de la région auxquels nous demandions régulièrement les grandes directions. Ce fut long, difficile de part l’étouffante chaleur et les chemins parfois très boueux mais nous avons finalement fait la marche que nous souhaitions. En fin de trek, nous sommes parvenus à un mirador à 360° sur toute le région. Un jeune homme qui semblait vivre là nous a proposé 2 cocktails de fruits servis dans des noix de coco. Comment refuser après 5h de marche en plein cagnard ? Mais là où ça s’est compliqué, c’est lorsque ce jeune homme nous a annoncé le prix des cocos: 3 CUC/personne ! Pour situer, un plat dans un restaurant coûte en moyenne 5 CUC. Ce n’est pas que nous sommes radins car 6 CUC ne représentent en réalité que 6$ soit environ 4€ mais le concept de prix spécial touriste ne nous plaît guère. Alors nous avons décrété que le prix devait être de 3 CUC pour les 2 cocos. Pour être honnête, c’est Franck qui en a fait un principe parce que moi je n’aime pas trop faire d’histoire. Le ton est monté, le jeune est allé chercher 2 autres hommes dans la maison: le “chef” et un autre parlant un peu anglais (car c’est compliqué de s’engueuler quand on ne parle pas la même langue…). Ils nous ont même menacés d’appeler la police ! Et attention, on risquait d’être renvoyé directement en France, menottes aux poignets ! Oulala ! L’homme parlant anglais nous a expliqué qu’il aurait fallu demander et éventuellement discuter le prix avant de consommer mais que maintenant c’était trop tard, il fallait payer le prix indiqué, même si celui-ci était complètement absurde (ce qu’il reconnaissait à demi-mot). Compte-tenu de l’absurdité de la situation, nous avons finalement payé les 6 CUC, qu’apparemment seul le jeune était habilité à recevoir car les 2 autres se reculaient dès qu’on leur tendait les billets… En partant, nous leur avons quand même précisé que nous passerions nous-mêmes à la police (la fameuse qui devait arriver dans les 5 minutes une demi-heure plus tôt) pour nous assurer que leur technique commerciale était bien officielle (rassurez-vous, ce n’était que du bluff). L’homme parlant anglais nous a finalement rattrapés en voiture pour nous raccompagner au parking où nous avions laissé notre petite Kia. Et bien sûr, nous lui avons demandé avant de monter si la course était gratuite…

La journée s’est terminée par une petite visite de la ville de Viñales et un bon dîner sur des rythmes cubains.

Le dernier jour de la région, nous l’avons passé à Cayo Levisa que je raconterai également plus en détail dans un futur article. “Tout vient à point à qui sait attendre”.

 

*Les mogotes sont des structures géomorphologiques rencontrées dans les Caraïbes, en particulier à Cuba et dans le nord de Porto Rico. Elles se présentent sous la forme de collines calcaires, se trouvant généralement non loin du rivage.

Les mogotes sont caractérisées par leur structure arrondie, en forme de tour. La hauteur de ces « tours » n’excède généralement pas les 25 m, pour un diamètre allant de 10 à 200 m. Ces structures ont une forme oblongue, avec une orientation prononcée. Les mogotes sont classées comme relevant de la topographie karstique tropicale, ils constituent le reliquat de couches sédimentaires calcaires désormais érodées, formées dans des eaux peu profondes, pliées et parcourues de failles lors de cycles orogéniques. Les mouvements tectoniques ayant amené ces couches à la surface, elles furent érodées par les pluies, le vent et les vagues.

Merci Wikipedia !

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