Uluru et Kata Tjuta

Le parc national Uluru – Kata Tjuta est mondialement connu pour son célèbre rocher Uluru alias Ayers Rock, emblème de l’Australie. Cette double nomination est assez représentative de ce lieu plein de contradictions. En effet, le parc appartient officiellement au peuple aborigène des Anangu mais ils le louent à Parks Australia et l’administration se fait conjointement. Le rocher est sacré pour les aborigènes, ils demandent donc que les touristes respectent des règles comme ne pas prendre certaines parties d’Uluru en photo ou ne pas l’escalader mais pourtant un trek existe officiellement pour accéder au sommet du rocher avec un panneau, en bas, expliquant que les aborigènes ne veulent pas qu’on le fasse. Pourquoi les Anangu ont-ils accepté de louer ce lieu sacré ? Pourquoi Parks Australia n’interdit pas vraiment d’accéder au sommet du rocher ? La réponse à ces deux questions est certainement l’argent, bien plus fort que toute croyance ou que le respect d’une culture ayant plusieurs milliers d’années…

Nous sommes donc arrivés dans ce fameux parc en fin de journée : passage obligé par le guichet qui demande 25$ par personne pour y entrer, le ton est donné…

Nous nous sommes alors rendus au parking « spécial coucher de soleil » pour voir Uluru revêtir une couleur rouge vive comme dans les brochures commerciales. Mettons ça sur le compte des quelques nuages présents et peut-être un peu de Photoshop, ce n’était pas si transcendant. Ensuite nous sommes sagement allés prendre notre petite place de camping officiel car à Uluru, les Rangers veillent.

Le lendemain, nous avons commencé la journée aux aurores pour aller observer le lever de soleil depuis un autre point de vue que celui de la veille. Le camping semblait encore endormi : serions-nous les seuls à avoir eu cette idée ? Pas vraiment ! Une cinquantaine de voitures étaient déjà sur le parking. C’est sympa de se sentir seuls au monde… Ensuite, nous avons attaqué un trek de 10km pour contourner toute la base du rocher. Uluru mesure 3,6 km de long et s’élève à 348 m au-dessus du plateau sablonneux qui le supporte. Cette formation est comme une sorte d’iceberg de la terre, on estime que la partie visible ne représente qu’un tiers de cette masse. Ce monolithe qui apparaît, de loin, être de forme bien régulière, révèle des facettes très variées lorsqu’on l’approche. Grottes, peintures, plissements de grès et autres abrasions géologiques nous ont fait passer ces 10 km en un rien de temps.

10 km n’étant plus qu’une mise en jambes pour les marcheurs avertis que nous sommes devenus (bon ok c’était tout à plat), nous nous sommes ensuite rendus à Kata Tjuta qui signifie « beaucoup de têtes » alias Monts Olgas à environ 30 km à l’ouest d’Uluru. Bien moins connu que son voisin, Kata Tjuta est tout aussi passionnant si ce n’est plus. Ce regroupement de rochers arrondis forme de petites vallées et gorges.  Le trek de la Valley of the Winds (Vallée des vents), une boucle de 7,4 km, serpente à travers de magnifiques gorges et permet d’apercevoir de superbes blocs aux formes surréalistes. Et comme son nom l’indique, il y avait dans certains passages beaucoup de vent, à tel point que nous avions du mal à tenir debout…

Le lendemain, Franck souhaitait gravir Uluru, en ce qui me concerne j’avais plutôt mauvaise conscience d’y aller : le temps a décidé pour nous, la pluie a rendu le chemin trop glissant et donc inaccessible. Les esprits Anangu ont parlé !

Leave a Reply

%d bloggers like this: