Surtshellir et Thingvellir

Nous nous sommes dépêchés de rejoindre la péninsule de Snæfellsnes et, un peu déçus par ce que nous y avons trouvé, nous nous en éloignons plus tôt que prévu. Qu’à cela ne tienne, nous allons profiter de cette journée supplémentaire pour découvrir des coins qui n’étaient pas prévus au programme. En route pour Surtshellir !

Nous profitons de notre passage dans la petite ville de Borgarnes pour remplir notre bidon d’eau, acheter des bouteilles d’eau minérale (denrée relativement rare en Islande car leur eau du robinet est tellement pure qu’ils ont du mal à concevoir que l’on ait besoin d’en acheter en bouteilles) et de faire, une fois de plus, le plein d’essence. Et là, la carte bancaire est refusée ! Étrange… Nous sommes quasiment sûrs de ne pas avoir dépassé le plafond. Dans un premier temps, le plus simple est d’utiliser la CB de secours, celle dont nous avons parfaitement mémorisé le code avant de partir, grâce à des logiques mnémotechniques. Mais ça c’était il y a plus de 30 jours… Anniversaire ? Âge ? +20 ? Jésus ? -4 ?… Mais pourquoi nous ne l’avons pas noté ! Après plusieurs minutes de torture mentale, je finis par retrouver le code dans les tréfonds de ma mémoire. Une fois le code retrouvé (et l’essence prise), Franck retrouve sa technique de mémorisation : nous voilà bien avancés !

 

J’en profite pour faire un petit aparté concernant les moyens de paiement en Islande : la CB est reine ! Même pour d’infimes sommes, même dans les régions les plus isolées. Et les stations-services n’offrent souvent aucune autre alternative. Alors merci ING pour son absence de frais fixe, ses “seulement” 2% de frais à chaque paiement et sa possibilité d’augmenter les plafonds de paiement, de façon provisoire, en un seul clic.

 

Remontons en voiture, nous avons encore de la route !

Il est aussi temps de se préoccuper de nos 2 dernières nuits, à Reykjavík. N’ayant trouvé aucune offre tarifaire acceptable sur internet, je décide d’envoyer un mail directement à l’hôtel où nous avons dormi à notre arrivée. Le réceptionniste me répond rapidement, il lui reste quelques chambres, il peut m’en réserver une pour 150 € la nuit, petit-déjeuner inclus. Je précise, à titre indicatif, qu’à l’aller nous avons payé 60 € la nuit, certes sans le petit-déjeuner, via le site Booking. Face à cet argument, il me fait une contre-proposition à 90 € sans le petit-déjeuner. Accord conclu ! Surtout que c’est pour le lendemain soir.

Juste avant la piste 4×4 qui mène à Surtshellir, un panneau d’informations nous apprend qu’à quelques kilomètres de là où nous nous trouvons, il y a Deildartunguhver, la plus grosse source chaude d’Europe (ou du monde, selon les sources). Nous apercevons justement dans les airs ce qui semble être de la vapeur d’eau. Nous y allons. En fait ce n’était que la fumée provenant d’un feu de broussailles. Nous retournons au panneau. À y regarder de plus près, nous comprenons qu’il fallait rouler 1 km de plus. Et c’est reparti ! Cette fois nous trouvons le lieu en question. Une marmite géante ! L’eau boue à grosses bulles, la vapeur est telle qu’elle forme un épais brouillard empêchant de voir à un mètre à la ronde.

Nous quittons la source et son gentil chien, seul gardien des lieux, pour retourner vers la piste qui mène à Surtshellir.

Il est temps pour nous de trouver un lieu où poser la tente mais, pas n’importe quel lieu car ce n’est pas n’importe quelle nuit. Il s’agit de notre dernière nuit sous la tente. Alors nous repérons bien les alentours jusqu’à décider de nous installer en peu en hauteur, avec vue sur le glacier Langjökull.

Dernier montage de la tente, dernier gonflage des matelas, dernier “apéro Tuc” en pleine nature… Chaque geste a comme un goût de nostalgie. Et c’est aussi le dernier repas préparé au réchaud : boulettes de viande, pâtes, sauce tomate, un vrai repas de fête !

Au réveil, après une douce dernière nuit en plein air, nous nous rendons directement à Surtshellir. Depuis des lignes que j’en parle, peut-être est-il temps que je précise ce qu’est Surtshellir. “La caverne de Surt” est un tunnel de lave formant la plus grande grotte du pays. Et bonne nouvelle : il paraît que l’on peut y descendre sans guide. Nous nous équipons donc de nos lampes et descendons dans le premier trou qui se présente. Il est assez difficile d’avancer car il faut passer sur les roches de lave et la visibilité est d’abord très faible jusqu’à être réduite à néant. La sensation de totale obscurité est assez impressionnante.

Voilà une bonne occasion de rappeler à Franck quelques scènes du film The Descent

Compte tenu de la “difficulté”, j’ai bon espoir de ressortir à la prochaine ouverture mais cela se révèle strictement impossible à moins d’avoir du matériel d’escalade. Alors nous continuons à marcher sous terre, seuls (car tous les autres visiteurs semblent se contenter de voir les trous d’au-dessus). Les portions qui suivent sont plus faciles d’accès et les trous étant plus rapprochés, nous sommes beaucoup moins plongés dans le noir. Finalement, nous ne remontons sur la terre ferme qu’au bout de plusieurs centaines de mètres. Sur le chemin retour, par l’extérieur, nous découvrons l’énorme faille qu’a engendré ce tunnel de lave.

Et en arrivant sur le parking, nous lisons (enfin) le panneau qui indiquait clairement l’ensemble des ouvertures et si elles étaient accessibles ou non pour entrer ou sortir de la grotte.

À 2 km de route nous atteignons Stefánshellir, un autre tunnel de lave relié au précédent, que nous observons seulement “vu de haut”.

Nous repartons en arrière et prenons la direction des Hraunfossar, “les cascades de la lave”, une série de petites cascades s’étendant sur 1 km environ. Le lieu étant accessible à tous les véhicules et relativement proche de la capitale, il est inévitablement ultra touristique. La cascade n’est déjà pas exceptionnelle mais les bus bondés et le “sur-aménagement” injustifié nous font reprendre rapidement la route.

Nous ne pouvons pas laisser Suzette sans faire une dernière piste 4×4 alors nous nous lançons à l’assaut de la Route 550 à travers la vallée de Kaldidalur. À mi-chemin, nous profitons d’un déjeuner face au glacier Langjökull.

Un peu avant d’arriver à Thingvellir, nous apercevons une piste, en parallèle de celle sur laquelle nous nous trouvons, qui nous est familière. Il s’agit de la toute première route 4×4 que nous avons emprunté, il y a un peu plus de 30 jours. La boucle est bouclée. La nostalgie s’amplifie.

Le parc national de Thingvellir est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et à chaque fois qu’un lieu est classé à l’UNESCO, nous avons un a priori négatif. Dans le cas de Thingvellir, nous n’avons de toute façon pas beaucoup de temps à lui consacrer. Nous suivons le flot de personnes, étonnamment bien habillées (ce qui contraste avec nos vêtements crasseux..) et nous arrivons à un centre d’informations moderne, des toilettes payantes et une passerelle donnant sur le lac Thingvallavatn et ses environs. Sans grand intérêt. Mais pour être honnête, le principal attrait du parc est d’observer la faille tectonique et ça, nous ne l’avons pas vue.

Il est 18h, nous rendons la voiture le lendemain à 12h et pour le moment elle n’est qu’un tas de poussière. Heureusement, en Islande, presque toutes les stations-services mettent à disposition gratuitement de quoi nettoyer sa voiture à l’intérieur comme à l’extérieur. Nous nous arrêtons dans l’une d’entre elles, à quelques kilomètres de Reykjavík, et entamons le grand nettoyage. Suzette renaît. Nous en profitons pour remettre la roue d’origine que nous avons changé en tout début de voyage et regonfler tous les pneus “en mode ville”.

Sur la route, il y a beaucoup de circulation, il y a même des feux tricolores. Pas de doute, nous sommes de retour à la civilisation.

Nous arrivons au Metropolitan Hotel à 20h.

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