Péninsule de Snæfellsnes

Nature sauvage, plages de sable et champs de lave, la péninsule de Snæfellsnes est l’un des plus beaux endroits d’Islande […] Fjords verdoyants, volcans majestueux, falaises plongeant dans la mer, larges plages dorées et replis tortueux des épanchements de lave composent l’incroyable paysage de la péninsule de Snæfellsnes, longue de 100 km.

Voilà les termes du Lonely Planet qui nous ont convaincus d’écourter notre séjour dans les fjords de l’Ouest pour consacrer plus de temps à cette région considérée comme un condensé des plus beaux paysages islandais.

Après 2h30 de traversée à bord du car-ferry Baldur, nous débarquons dans la bourgade de Stykkishólmur. Le bateau nous ayant offert tout ce dont nous avions besoin (de l’électricité pour recharger la batterie de l’appareil photo et un copieux repas), nous restons fidèles au plaisir du camping sauvage. Il est 21h et les journées ne sont plus aussi longues qu’au début de notre séjour, il nous faut trouver un emplacement rapidement avant que la nuit ne tombe complètement. Première piste 4×4 : un échec, il semble y avoir pas mal de passage et le terrain n’est jamais favorable au plantage de tente. Quelques kilomètres plus loin, nous tentons une nouvelle piste. Même s’il faut retirer quelques cailloux, nous trouvons un emplacement parfait au milieu du champ de lave de Berserkjahraun.

Camping au milieu du champ de lave de Berserkjahraun

Après une nuit bien au calme, nous empruntons la jolie Route 558, également appelée Bersekjahraunsvegur, qui serpente à travers le champ de lave dont la mousse aux couleurs saturées qui le recouvre contraste avec l’intense noirceur de la lave.

Après ce petit aperçu de la région, nous profitons de notre passage dans le village de Grundarfjördhur pour faire des emplettes et nous renseigner auprès du centre d’informations. La jeune femme nous déconseille vivement de tenter l’ascension du Kirkjufell, situé à quelques kilomètres de là, par nos propres moyens, et le faire avec un guide s’avère également impossible puisqu’aucun guide n’est disponible. Elle nous déconseille aussi de prendre la Route F570 par l’accès nord. Mis à part ces “déconseils”, elle ne nous donne aucun conseils sur les plus beaux sites à visiter. Voilà un centre d’informations bien inutile.

Le mont Kirkjufell est l’un des symboles de l’Islande. À défaut de le gravir, nous l’admirons d’en bas mais finalement, il n’a rien de bien exceptionnel.

Un peu plus à l’ouest, nous nous arrêtons à Hellissandur faire le plein d’essence et harceler de questions le jeune vendeur de la station-service pour qu’il nous aide à trouver LE produit qui sauvera le massacre que Franck a fait en décidant de nettoyer l’intérieur de la voiture avec le côté grattant de l’éponge.

Tout à l’ouest de la péninsule de Snæfellsnes, il y a la péninsule d’Öndverdharnes. Une péninsule dans une péninsule, voilà qui est étrange… Nous garons la voiture à côté d’un petit phare. Une table en bois nous fait de l’œil, pour une fois il fait suffisamment “chaud” pour manger dehors, nous nous installons.

Après déjeuner, nous allons voir le Fálki, un puits en pierre abandonné qui était jadis l’unique source d’eau douce des environs. Un trou d’eau, quoi !

Nous reprenons la route cahoteuse pour nous rendre au 2e phare, au niveau des vertigineuses falaises aux oiseaux de Svörtuloft. Évidemment les oiseaux ne sont plus là et pour ce qui est des falaises, à moins d’avoir le vertige à 10 m de haut, elles n’ont rien de vertigineuses. Nous commençons à croire que la région n’est exceptionnelle que de par sa proximité avec la capitale.

Sur la route du retour, nous ne nous donnons même pas la peine de sortir de la voiture pour s’extasier devant Skardhsvík, une divine plage de sable blond léchée par des eaux turquoises [dixit le Lonely Planet], pris d’assaut par les bus touristiques.

Nous n’allons pas tirer des conclusions à cause d’une péninsule dans une péninsule. Nous décidons de lâcher le guide et de sortir des sentiers battus en empruntant une piste en direction du glacier Snæfellsjökull.

Tout au long de la route, il y a plusieurs sentiers menant à des points d’intérêt. Nous commençons par une courte marche permettant d’accéder à la cascade Klukkufoss. Cascade ? Mais on se moque de nous ! De l’eau qui se déverse à 2m de hauteur, ça n’a rien d’une cascade !

Cascade Klukkufoss

Klukkufoss étant définie comme “impressionnante”, nous ne faisons même pas les 600 m menant à la cascade de Snekkjufoss qui ne bénéficie d’aucun adjectif flatteur.

Allez encore un essai : l’ascension du Sjónarhóll pour accéder à des “vues somptueuses” ! Une vue sur la route peut-elle être considérée comme somptueuse ?

Ascension du Sjónarhóll

Bon, on ne se décourage pas !

Colonnes de basalte

Le principal attrait de la région reste le Snæfellsjökull qui a inspiré Jules Verne pour y planter le décor de l’entrée vers le centre de la Terre. Et justement, une petite route semble se rapprocher du glacier. Nous arrêtons Suzette un peu avant la fin de la piste qui devient de plus en plus pentue et rocailleuse, et finissons à pieds. Le point de vue sur l’ensemble de la région est, reconnaissons-le, plutôt pas mal mais, le glacier est en grande partie sous les nuages. Et ce n’est encore pas aujourd’hui que nous utiliserons les crampons…

Avant de nous installer pour la nuit, nous faisons une dernière visite, Sönghellir (grotte des chansons), couverte de graffitis du XVIIIe siècle, où résonneraient des chants de lutins. Nous aurons surtout la surprise de trouver un campeur ayant installer sa tente dans la grotte.

Le lendemain matin, bien qu’un peu sceptiques quant au réel intérêt de la péninsule de Snæfellsnes, nous partons tout de même à la découverte de Arnarstapi et de ses alentours. Nous sommes accueillis par un monument aux allures de troll, érigé en l’honneur de Bardhúr, esprit protecteur de la région.

Troll érigé en l'honneur de Bardhúr

Ensuite nous marchons le long de la côte pour observer d’étonnantes formations de lave dans la mer : des arches et des blowholes (trous du souffleur) qui nous rappellent un peu l’Australie. Et c’est beau !

2 km plus loin, nous nous arrêtons à Hellnar où il est normalement possible d’observer des baleines. Malgré ma patience, aucune ne se montrera. Plus par curiosité qu’autre chose, nous nous rendons au centre d’informations du coin. Et cette fois la Ranger nous indique qu’il est tout à fait possible de faire l’ensemble des pistes 4×4, elle nous montre également comment accéder au glacier. Nous ne ferons pas marche arrière mais nous aurions aimé avoir ces informations dès le début.

Hellnar

En repartant vers l’Est, nous faisons un dernier arrêt à Raudhfeldsgjá, une étroite crevasse dans une falaise dans laquelle il est possible de faire quelques mètres. Je n’y pénètre pas car la rivière qui circule oblige à passer sur les rochers glissants et je n’ai pas les chaussures adaptées mais Franck se lance. À l’intérieur, il assiste, avec d’autres touristes déjà sur place, à un triste spectacle. Des dizaines d’oiseaux se sont retrouvés coincés dans la faille. Certains sont déjà morts, d’autres sont si épuisés qu’ils n’arrivent plus à voler. Deux hommes aident les oiseaux à sortir mais compte tenu de leur état, je crains qu’ils soient de toute façon condamnés. Nous repartons, impuissants.

Raudhfeldsgjá

Pour conclure, la péninsule de Snæfellsnes est effectivement un résumé de tout ce que l’on peut voir en Islande (champs de lave, cascades, falaises…) mais lorsque l’on a eu la chance de voir Laki, Dettifoss ou encore Látrabjarg, elle ne vaut franchement pas le coup.

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