Old Andado Track jusqu’à Alice Springs

Une fois de plus, nous avons décidé de suivre les conseils avisés de nos amis de Gammon en ne prenant pas la route la plus courte pour remonter jusqu’à Alice Springs mais plutôt la plus belle : la Old Andado Track qui longe le désert de Simpson. Pour la rejoindre depuis les Dalhousie Springs, il nous a fallu affronter 70km de route pleine de pierres. Comme nous commençons à nous y connaître un peu en 4X4 (en toute modestie), nous avons décidé de dégonfler un peu plus les pneus pour mieux appréhender ce passage.

Avant d’attaquer la Old Andado Track, particulièrement désertique, nous avions besoin de faire le plein d’essence. Nous nous sommes donc arrêtés à Mt Dare où les seuls habitants étaient  le gérant de la roadhouse et sa famille. 2,20$ le litre ça fait mal mais le principal problème était qu’il ne leur restait plus que 150L dans leur réservoir et qu’il y avait donc restriction. Après de savants calculs basés sur la route que nous souhaitions prendre et sur notre consommation moyenne, nous avons décidé de ne faire que le plein de la voiture (pour être honnête, nous lui avons caché qu’il nous restait un jerrican de 20L rempli).

Nous lui avons également demandé conseil sur l’état de la route et il nous a expliqué que le principal problème sur cette piste était les bouses de vaches. On ne rigole pas, c’est un vrai problème ! Fraîches, elles peuvent être glissantes et une fois séchées puis piétinées par le bétail, le sol devient très inégal et on peut ne pas voir des trous.

Une fois parés, nous avons pris la direction de la Old Andado Track et au bout de quelques kilomètres un panneau nous indiquait de prendre à gauche. Seul problème, à gauche il n’y avait que des grandes herbes. Nous n’avons pas un 4X4 pour rien alors nous avons décidé de suivre les vagues traces de roues jusqu’à… plus rien ! Et comme nous ne sommes pas complètement inconscients, nous nous sommes arrêtés, avons sorti les cartes Hema Map chargées dans l’ordinateur, avons programmé des coordonnées GPS et en avons conclu qu’il aurait fallu aller tout droit. Demi-tour toute ! Après ce petit contretemps, la route s’est montrée sans très grande difficulté même s’il y a avait effectivement beaucoup de bouses asséchées et quelques passages de sable un peu mou. Nous n’avons croisé aucune autre voiture mais par contre beaucoup de vaches qui se mettaient à courir chaque fois que nous passions à côté… Pour passer la nuit, nous nous sommes installés entre 2 dunes. La quiétude du désert, un dîner à la lueur des étoiles… le rêve… mais c’était sans compter sur les centaines d’insectes (moustiques, sauterelles, scarabées volants…) qui s’étaient donné le mot pour nous gâcher la soirée ! Et ils ont gagné, nous avons fini par manger dans le van. Le lendemain matin, les insectes avaient déserté la zone mais des rapaces tournoyaient au-dessus de nos têtes. Mis à part le sentiment d’être leur prochain repas, leur danse aérienne était magnifique.  Le paysage de ce 2e jour de route était grandiose ! Nous avons longé les dunes du désert de Simpson à l’infini. Splendide !

Nous avons atteint la station-service d‘Alice Springs avec certainement la dernière goutte d’essence qu’il nous restait dans le réservoir. Après avoir fait le plein, les courses et avoir récupéré quelques documentations pour la suite de notre parcours, nous avons cherché un endroit où dormir selon notre méthode habituelle. Nous nous sommes alors installés aux abords de la Todd River (presque toujours asséchée). L’ambiance dès le début était un peu suspecte : des aborigènes sensiblement éméchés faisaient des allers et venues au niveau du parking où nous étions. Au pire, ils feront un peu de bruit, rien de bien grave… Un peu plus tard dans la soirée, des gamins balancent des cailloux en direction du van, l’un d’entre eux tient une barre de fer. Devrions-nous nous inquiéter ? La gérante de l’auberge de jeunesse située en face nous hèle. Elle nous explique que le coin n’est pas très sûr mais qu’à 2 ça devrait aller et qu’au pire il faut crier que la police arrive… Voilà qui n’est pas très rassurant. Vous vous doutez que nous n’avons pas très bien dormi par la suite. Vers 5h du matin, Franck entend du bruit et se réveille, il regarde par la fenêtre et voit un type avec une kalachnikov qui finalement était des cadenas et des clefs (la parano peut laisser place à beaucoup de délires…). Il va donc discuter avec ce type pour lui demander ce qu’il pense de l’endroit. D’après lui, nous avons été totalement suicidaires de rester là mais étant donné l’heure, nous ne risquons plus rien mais à l’avenir si nous devions à nouveau dormir à Alice Springs, mieux vaut s’installer devant le commissariat. Puisque nous ne risquions plus rien, nous nous sommes rendormis pour une petite heure jusqu’à ce que les Rangers nous réveillent parce que nous n’avions pas le droit de rester là. Ok, nous avons compris, nous partons ! Bye bye Alice Springs !

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