Myvatn

Pour rejoindre la région du Myvatn, nous n’avons d’autre alternative que de passer par la Route circulaire (Route 1). Elle ne présente guère d’intérêt mais un élément nous interpelle : tout le long, parfois à droite et parfois à gauche de la route, il y a des cairns alignés. Nous avons d’abord pensé à une fantaisie de touristes mais étant donné la surface concernée, cela semble assez improbable. À l’heure actuelle, notre seule théorie crédible est qu’il s’agit d’une identification de la faille tectonique.

Dés les premiers kilomètres dans la région du Myvatn, le paysage est surréaliste, des dizaines de fumerolles sortent de la terre, ensuite, au détour d’un virage, l’immense lac de Myvatn révèle son eau cristalline ! Et il n’y a pas que les yeux qui sont sollicités, l’odeur du soufre nous prend rapidement au nez.

Nous commençons par faire une halte à Reykjahlídh où se trouvent le supermarché et l’office du tourisme, les informations que nous y récupérons sont claires et précises, parfait pour organiser les 2 jours à venir.

Le soir commençant à pointer son nez, nous nous limitons à découvrir le jour-même, Höfdhi, un promontoire de lave boisé offrant plusieurs accès aux rives du lac. L’endroit est idéal pour se promener une petite heure avant de partir à la recherche d’un lieu où planter la tente.

Nous misons tout sur une piste 4×4 qui devrait nous offrir un coin tranquille où nous installer mais, c’était sans compter sur le Bardarbunga qui, en menaçant d’éruption, a engendré la fermeture de nombreuses routes dont la piste en question. Par souci de facilité, nous préférons nous rendre au camping Bjarg qui, en plus, offre une jolie vue sur le lac, nous permet de recharger nos appareils électroniques moyennant 100 ISK par appareil et surtout, nous offre la possibilité d’une douche chaude à volonté (même si l’eau avait une odeur d’œuf pourri, caractéristique des sources naturelles d’eau chaude).

 

Le lendemain matin, nous partons à la découverte de Krafla, une zone volcanique active à quelques kilomètres de Myvatn. Nous commençons par le cratère coloré de Leirhnjúkur. Bien qu’une bonne partie du sentier soit aménagée avec des passerelles en bois, le décor agrémenté de fumerolles et de coulées de lave est incroyable.

Nous profitons ensuite d’un soleil radieux pour déjeuner au pied du cratère Víti dont nous longerons la crête afin de découvrir le lac bleu foncé en son centre. À Krafla, il y a également une centrale géothermique dont le projet de construction a été lancé en 1973 mais en décembre 1975, après plusieurs siècles d’inactivité, la fissure du Krafla entra dans une période d’activité marquée par 9 éruptions et une vingtaine d’affaissement de terrain. Ces événements diminuèrent considérablement le potentiel géothermique escompté, mais le chantier fut mené à terme.

 

Hverir est un site immanquable de la région. Ici, les profondeurs de la terre semblent  s’exprimer. On y trouve des fumerolles, des colonnes de vapeur ou encore des marmites de boue.

Un sentier permet de rejoindre la crête de Námafjall. Le lieu étant tellement touristique, je me dis que la montée ne doit pas être bien difficile, je pars donc sans mes chaussures de marche. Grosse erreur ! Rapidement la pente devient raide et le sol gravilloneux, glissant. Heureusement, Franck m’aide à monter en me calant sur ses propres pieds. En cours de route, nous rencontrons 2 Françaises dont l’une semble tétanisée par la montée. En bon samaritain, Franck l’aide également. Dès que je suis stable, il va la chercher, fait quelques pas puis revient m’aider et ainsi de suite… Un peu plus tard, nous sommes rejoints par un autre groupe de Français. Décidément, soit il n’y a que des touristes français soit nous sommes les seuls à être assez fous (ou naïfs) pour attaquer cette ascension. Quoiqu’il en soit, le point de vue d’en haut mérite amplement l’effort.

 

Après toutes ces émotions, nous nous rendons sur le site Skútustadhagígar constitué de pseudo-cratères, c’est-à-dire des plissements de terrain formés par des explosions de vapeurs provoquées par l’entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.

 

Nous nous installons pour la nuit sur la bas-côté d’une piste 4×4, cette fois ouverte.

 

Au réveil, nous comprenons pourquoi Myvatn est surnommé “le lac des moucherons”. Des milliers de moucherons, attirés par le dioxyde de carbone, se sont rués autour de nos visages. Nous nous préparons en un temps record pour pouvoir nous enfermer dans la voiture.

Pour notre dernier jour dans la région du Myvatn, nous visitons Dimmuborgir, un champ de lave aux formations ruiniformes,

longeons la crête du Hverfell, un cratère apparu il y a 2700 ans lors d’une éruption cataclysmique et mesurant 463 m de hauteur sur 1040 m de largeur et enfin,

tâtons du bout des doigts l’eau à 45°C qui se trouve dans la grotte Grjótagjá.

 

Après avoir fait le plein d’essence, nous reprenons la route en direction de l’Ouest. En chemin, nous faisons une courte pause à la chute d’eau Godhafoss (cascade des Dieux), plus mythique que jolie.

En quête de fusibles pour régler nos problèmes d’allume-cigare, nous cédons une fois de plus à notre péché mignon islandais : l’achat de bonbons, en vente dans tous les supermarchés et quelquefois dans les stations-services, pour vraiment par cher.

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