Morón et Cayo Coco

Compte-tenu des quelques aléas rencontrés sur la route, nous sommes arrivés à Morón de nuit. Pour nous simplifier la tâche, nous avons ciblé les casas référencées dans le Lonely Planet. Mais aucune n’avait de chambre disponible. La gérante de l’une de ces casas nous a conseillé de nous rendre chez une amie à elle après, bien sûr, s’être assurée par téléphone qu’elle pouvait nous accueillir. Un jeune homme qui arrivait à vélo (certainement le fils de notre interlocutrice) nous a servi de guide, à travers les rues de la ville, jusqu’à une grande maison rose, la casa Gina.

La propriétaire de cette belle maison, probablement prénommée Gina, nous a proposé une immense chambre avec deux grands lits.

Avant de sortir dîner, nous nous sommes attardés sur un joli piano ancien, tout en bois. Le remarquant, Gina est venue discuter avec nous. Je lui ai expliqué que Franck jouait du piano-jazz, en France, alors elle a demandé une petite démonstration. L’expression de son visage laissait deviner qu’elle n’était pas très familière avec ce genre musical… Elle a donc préféré reprendre sa place au piano et nous a offert un mini concert à base de Besame Mucho et autres grands classiques de la musique hispanophone. Ce qui a également fait le bonheur des locataires des chambres voisines.

A défaut d’avoir enregistré la version de Gina, en voici une de Cesaria Evora:

N’ayant pas pris le temps de déjeuner sur la route, la faim commençait sérieusement à se faire sentir. Nous sommes donc partis à la quête d’un restaurant. Il y en avait bien un qui nous tentait, à seulement quelques mètres de la casa, mais nous avons été refoulés car ils n’acceptaient que la monnaie locale. Après une dizaine de minutes de marche dans les rues quasi désertes de la ville, nous nous sommes résignés à dîner dans un restaurant d’État, aux nappes sales et où les serveurs passent plus de temps à discuter entre eux qu’à servir les clients. La nourriture s’est révélée meilleure que ce que l’on craignait.

Le lendemain matin, avant de nous rendre à Cayo Coco, il nous fallait changer de l’argent. Nous nous sommes donc rendus à la banque la plus proche. Une vingtaine de personnes attendaient à l’extérieur. Les unes après les autres se rendaient à un guichet, remettaient un ticket et recevaient de l’argent liquide en retour. Nous supposons que c’est ainsi que les cubains reçoivent leur paye. Étant touriste, le vigile chargé de faire rentrer les gens au fur et à mesure, m’a fait passer devant tout le monde. Je dois reconnaitre que ça nous arrangeait bien de ne pas perdre trop de temps mais ce traitement de faveur était tout de même un peu dérangeant.

Le temps de la transaction j’ai échangé quelques mots avec la jeune guichetière qui parlait parfaitement anglais. Elle m’a confié qu’elle souhaitait se reconvertir dans la tourisme car, pour elle, c’était le seul secteur permettant d’exercer un métier d’avenir.

Malgré le mauvais temps annoncé, nous avons tout de même décidé de nous rendre à Cayo Coco, quatrième île de Cuba par sa taille et l’endroit le plus touristique après Varadero.

Avant d’emprunter le pont menant à l’île, il y a un poste de contrôle policier. J’avoue avoir grignoté la ligne de stop de quelques centimètres mais cela justifiait-il une contravention ? En tout cas c’est ce qu’affirmait le policier. Convaincu de l’injustice de cette décision, Franck est sorti de la voiture et est allé “discuter”, à coup de mimes et de gestes, avec le policier retourné dans sa cahute. Nous n’avons finalement pas eu de contravention.

80km plus loin, nous étions à Playa Pilar, à la pointe de l’île. Le froid couplé au vent, agrémenté de quelques averses, ne nous a guère fait apprécier l’endroit pourtant annoncé comme paradisiaque. Nous avons bien fait l’effort de marcher un peu sur la plage mais au bout d’une demi-heure, nous avons décidé de faire demi-tour. La bonne nouvelle est que nous avons quand même croisé quelques flamands roses…

Sur la route du retour, des auto-stoppeurs cubains espéraient que nous les prenions. Nous avons  finalement raccompagné une femme jusqu’à Morón. Elle nous a expliqué qu’elle travaillait dans l’un des hôtels de l’île et qu’il y avait le matin de nombreux bus qui lui permettaient de se rendre à son travail, mais pour rentrer chez elle les navettes n’étaient que le soir. Alors lorsqu’elle finissait plus tôt, sa seule alternative à une attente de plusieurs heures était de faire du stop.

Au retour, nous avons dû à nouveau nous arrêter au poste de police. Cette fois c’est notre plaque d’immatriculation, placée derrière le pare-brise (depuis le jour où nous avions confié la voiture à Alexei) qui semblait poser problème. Une petite explication gestuelle “Paf ! Tombée” nous a, à nouveau, valu la clémence. C’est quand même à se demander si la police cubaine ne chercherait pas à faire un peu de zèle…

Après ce détour de 3h/160km, nous avons repris la route en direction de Remedios.

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