Mauvais concours de circonstances

Après le trek dans le parc national de Rago, nous avons avancé de quelques kilomètres puis avons cherché un endroit où passer la nuit. Pour cela, nous avons quitté l’autoroute E6 et rejoint la petite route 827. Aucun coin tranquille où s’arrêter, mais au bout de la route, un ferry prêt à partir. Comme il était là et que nous devions justement aller plus au nord, nous avons décidé de monter dedans. Notre première traversée avant une longue série. Il était déjà tard alors l’odeur flottante des hot-dogs servis à bord nous a convaincus de dîner sur place. Après le débarquement, nous avons rapidement trouvé un coin, avec vue sur la mer, pour poser la tente.

 

Le lendemain matin,  nous aurions dû continuer sur le route 827, mais Franck s’est dit qu’il serait sympa d’aller au bout de la petite route non bitumée “juste pour voir”. C’est ce que nous avons fait. Rapidement, la route n’était plus qu’une succession de nids de poule. Nous nous sommes dit  qu’il serait plus raisonnable de faire demi-tour. À peine le temps de prononcer ces mots qu’un coup de volant un peu trop à droite nous a mené à la limite du fossé où une pierre bien pointue à signé l’arrêt de mort de notre roue avant droite.


Le premier réflexe a, bien sûr, été d’aller chercher une roue de secours à l’arrière du véhicule. Et là, rien ! Tout le nécessaire pour changer la roue mais aucune roue.
Nous étions bel et bien coincés sur la petite route entre les villages de Hundholmen et de Kjelkvika.
Rapidement, un couple de personnes âgées cherchant à rentrer chez eux s’est retrouvé bloqué à cause de notre voiture arrêtée en plein milieu, puis un autre homme. Personne ne parlait un mot d’anglais, mais nous avons bien compris qu’ils essayaient de passer des coups de fil pour nous.
De notre côté, nous avons joint Europcar à Göteborg, où nous avions loué la voiture. Ces derniers nous ont demandé d’appeler Road Assistance, le numéro étant sur la clef de la voiture.
Entre temps, une autre voiture s’est ajoutée au bouchon déjà créé, en sens inverse cette fois-ci. Deux enfants et leurs parents sont sortis du véhicule. Le père parlait anglais, enfin. Nous avons pu lui expliquer que nous étions en train de faire toutes les démarches pour obtenir une “assistance” de la part d’Europcar. Évidemment, ça ne s’annonçait pas rapide. Ils nous a donc aidés à ranger la voiture sur le bas-côté afin que tout le monde puisse circuler.
Et de nouveau, nous nous sommes retrouvés seuls.
La suite est un peu confuse. Nous avons bien été contacté par Road Assistance (Europcar ayant appelé pour nous), mais le réseau était tellement mauvais là où nous nous trouvions que l’appel à été coupé. Ils ont bien essayé de nous envoyer un SMS, nous demandant de rappeler à un numéro donné, mais nous ne tombions pas du tout au bon endroit. Du coup, nous avons essayé de joindre Europcar France, de rappeler l’agence de Göteborg, d’envoyer des mails à Europcar Norvège… et chacun nous renvoyait vers un autre service. Une personne nous a même conseillé de joindre le 112…
Après 6h d’appels un peu partout, nous avons enfin eu le bon service. L’occasion de nous rendre compte que le numéro sur la clef était bien le bon, mais qu’il nous aurait fallu faire l’indicatif de la Suède pour réussir à les joindre (no comment)…
La fille au téléphone a pris tous les renseignements pour nous situer, et Hundholmen est loin d’être connu internationalement. Cette fois, il ne nous restait plus qu’à attendre. 1h, une nuit, nous ne savions pas vraiment.
19h : la famille croisée le matin est repassée après avoir profité de sa journée de vacances. Ils nous ont d’abord salué en passant puis, un peu plus loin, ils se sont arrêtés et ont fait marche arrière dans notre direction pour venir aux nouvelles. Nous leur avons expliqué que les “secours” ne devraient pas tarder. Le père de famille nous a gentiment proposé de venir chez lui pour manger quelque chose ou passer aux toilettes. Nous lui avons répondu que nous préférions attendre encore un peu mais que si la situation venaIt à durer, nous n’hésiterons pas à l’appeler. Au moment où nous discutions, un autre habitant du village est passé sur la route. Les deux hommes ont échangé quelques mots en norvégien et, suite à cela, le père de famille nous a informés que son ami travaillait dans un garage et qu’il se proposait d’aller voir sur son lieu de travail s’il trouvait un pneu pour nous dépanner. Et le voilà parti pour, officiellement, une demi-heure.
Une heure plus tard, nous n’avions aucune nouvelle ni du jeune garagiste parti avec notre roue ni de l’équipe de road assistance.
Encore un peu plus tard, nous avons aperçu un petit bateau approcher dans notre direction. Il s’agissait de la famille qui revenait aux nouvelles. Au même moment, une voiture est arrivée. Il s’agissait du jeune garagiste avec un pneu d’occasion, mais en très bon état, déjà monté sur notre roue. Cinq minutes plus tard, Putter était prêt à reprendre la route. Nous avons grandement remercié les deux hommes et avons décidé de rouler un peu pour que la journée ne soit pas totalement infructueuse. Au bout de quelques kilomètres, la voiture nous a fait une petite frayeur en signalant un problème au niveau du pneu. Finalement, ce n’était qu’un problème de différence de pression. Problème vite réglé puisque, à défaut d’avoir une roue de secours, nous avions tout le nécessaire pour gonfler les pneus. Nous avons également appelé road assistance pour annuler l’assistance et cela a été fait en à peine quelques secondes. À croire que personne n’était encore en route…

À 21h40, nous sommes arrivés à l’entrée d’un tunnel fermé pour cause de travaux. Réouverture prévue à 22h. Nous avons patienté. À 22h tapante, une voiture pilote s’est présentée devant nous, nous n’avions plus qu’à la suivre. Le tunnel n’avait pour seul éclairage que la lumière des machines encore en fonction. Nous avons roulé au milieu d’un énorme nuage de poussière. Un peu plus loin, un autre tunnel en travaux, et une fois encore, il a fallu attendre la voiture pilote. À 23h, nous avons enfin trouvé un lieu où s’installer, espérant que le lendemain se présenterait sous un meilleur jour.

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