Matanzas

Une fois de plus, la pluie était du voyage. Nous avons donc préféré jouer la simplicité en empruntant la autopista national pour atteindre Matanzas. Le trajet paraissait sans difficulté, mais mon copilote a rapidement rejoint les bras de Morphée… Du coup, nous avons loupé la bonne sortie et en avons pris une qui nous a fait faire un détour de 2 h à travers des villages.

Vive le GPS !

En arrivant en ville, nous nous sommes garés autour de la place principale. Rapidement, un homme d’une cinquantaine d’années est apparu de nulle part. Souriant, sympathique, baragouinant quelques mots d’anglais, il se présenta comme le gardien du parking. Voilà qui sentait l’arnaque à plein nez. Nous avons préféré repousser le conflit à notre retour, après avoir déjeuné.

Une fois attablés au restaurant du splendide hôtel Velazco, de style colonial, la pluie a repris de plus belle. Bien qu’il était indiqué dans le Lonely Planet que le bâtiment avait été récemment rénové, le toit n’a pas résisté à l’averse et quelques gouttes nous sont tombées sur la tête !

De retour à la voiture, nous avons affronté l’inévitable. Le « gardien » réclamait une rétribution pour sa prestation. Nous lui avons rappelé que nous ne souhaitions pas qu’il surveille la voiture. Il a insisté. Un ami l’a rejoint, mettant en avant le fait qu’il était resté malgré la pluie. Nous avons fini par accepter de lui donner un petit quelque chose, mais ce n’était pas assez, il voulait 2 CUC, soit ce que nous payions chaque soir pour que la voiture soit surveillée une nuit entière. Sa sympathie et son sourire, avaient disparu. Nous sommes partis.

Et les averses ne laissaient que rarement place à de timides éclaircies.

Mais que pouvions-nous faire ? Rester à Matanzas en espérant un miracle météorologique et faire du snorkeling le lendemain matin à Playa Coral ? Reprendre la route jusqu’à La Havane ? Repartir vers le sud de l’île ?

Après de longs débats, nous avons opté pour la solution la plus simple : « wait and see »

Nous avons trouvé une casa où passer la nuit. La casa « coup de cœur » du Lonely Planet n’avait plus de chambres disponibles, mais son hôte nous a accompagné à la casa de ses parents. Nous avons vêtu nos ponchos imperméables puis sommes partis à la découverte des rues de Matanzas.

Au détour d’une rue, nous sommes tombés sur un salon de coiffure, fermé, dont la décoration et le matériel semblaient dater des années 50. Nous nous sommes permis de prendre quelques photos à travers la vitrine. Le gérant du salon est alors arrivé. Sans vraiment comprendre ce que nous trouvions de photogénique dans son lieu de travail, il nous a gentiment proposé d’y entrer. Il s’est rapidement pris au jeu des photos et a même proposé de faire semblant de couper les cheveux de Franck, juste pour le cliché. Et finalement, l’idée d’une vraie coupe a fait son chemin… Franck a donc fini par se laisser convaincre et a cédé sa tête aux mains expertes de notre coiffeur. N’étant pas très rassuré, il a simplement demandé un « petit rafraichissement ». Pendant sa prestation, le coiffeur a voulu nous montrer qu’il parlait français. Seul souci, il ne connaissait que quelques mots isolés qu’il nous a débités les uns après les autres : « Paris, Versailles, tour Eiffel, Louvre… »

Après ces quelques dizaines de minutes passées ensemble, notre coiffeur a décrété que nous étions devenus amis. Nous l’avons laissé avec un vrai client qui avait profité de cette ouverture exceptionnellement tardive pour demander une petite coupe.

Le lendemain matin, nous avons repris la route en direction de La Havane.

One thought on “Matanzas

  1. Pingback: Remedios |  Walk Around The World

Leave a Reply

%d bloggers like this: