Les îles Lofoten

Les îles Lofoten : l’apogée d’un voyage en Norvège selon les dires de la plupart des voyageurs. Pour une fois, nous ne dérogerons pas à la règle. Nous ne pouvons que confirmer que cet ensemble d’îles dont les montagnes fleurtent avec l’eau des fjords est d’une rare beauté.

Pour nous, Lofoten à été synonyme de marche car il nous a semblé que traverser les îles via les routes routes scéniques, aussi jolies soient elles, ne suffisait pas à bien appréhender les lieux.

Les Lofoten offrent d’innombrables possibilités de treks et, ce que nous avons appris à notre dépourvu, les offices de tourisme norvégiens ne servent absolument à rien pour faire son choix. Nous nous sommes donc basés sur deux blogs de personnes ayant pratiqué un grand nombre de randonnées dans la région.

Après une nuit sur une petite plage en bord de fjord, un réveil ensoleillé et des “douches casseroles”, nous sommes partis à la recherche du premier trek : l’ascension du Geitgaljartinden.

Je dis bien “partis à la recherche” car simplement trouver le début d’un trek relève parfois de l’exploit. Nous avions pour indications : le nom d’un village, un magasin, fermé depuis, et un portail rouge. Après un aller-retour dans le village, nous avons fini par trouver et un habitant nous a confirmé la direction, car évidemment, il n’y a aucun panneau, même au début du chemin.

D’après le blog, la marche s’annonçait quelque peu difficile par endroits, avec une traversée de névé, mais le tout devait être réalisable en 4h30. En partant à 14h, nous devions donc être de retour pour l’apéro. Mais vous vous en doutez, ça ne s’est pas du tout passé comme prévu. La montée était, à certains endroits, très pentue et glissante.

Nous y avons croisé une Polonaise et un Tchèque puis deux Norvégiens. Chaque couple nous a donné une version différente de la suite. Les premiers nous ont conseillés de contourner le névé par la gauche, les autres nous ont dit de passer à droite. Quoiqu’il en soit, ils ont semblé confiants lorsque nous leur avons dit que nous étions équipés de crampons (ceux achetés en Islande et dont nous n’avions encore jamais eu l’utilisation). Arrivés au fameux névé, nous avons chaussé nos crampons, sûrs de nous, pensant gagner beaucoup de temps sur nos prédécesseurs non équipés.

Évidemment, nous avons fait fausse route, dans tous les sens du terme. Nous sommes allés beaucoup trop loin et nous avons dû repartir en arrière pour retrouver le bon chemin. Après avoir passé le névé (à l’aise) puis avoir fait quelques centaines de mètres sur la roche, nous avons compris à quoi faisaient référence les personnes croisées un peu plus tôt. Devant nous, une immensité blanche, bien en pente. Rien à voir avec les quelques mètres tout juste traversés. À défaut d’information, nous avons essayé de nous frayer le meilleur chemin possible, alternant entre passages enneigés et marche sur la roche. Malgré les crampons, certains passages étaient vraiment difficiles à cause de la pente. C’est à se demander comment des personnes peuvent passer avec de simples chaussures. J’ai même failli abandonner, mais ça aurait été dommage car la fin n’était plus très loin.
À quelques mètres du sommet (pas le vrai sommet du Geitgaljartinden, mais un sommet juste avant, où nous nous sommes arrêtés, comme la plupart des randonneurs), nous avons aperçu derrière nous un jeune homme, en short et en T-shirt, marchant d’un bon pas, sans aucun souci, à travers la neige. Une fois qu’il était à notre niveau, nous avons échangé quelques mots avec lui. Il s’agissait d’un Polonais, particulièrement heureux d’être là, dont le projet était d’aller dormir au sommet du Geitgaljartinden. Le vrai sommet, celui qui demande de traverser un passage enneigé très raide puis de gravir la roche malgré un vent parfois violent.
Pendant qu’il avançait dans son ascension, nous avons profité de l’incroyable vue dont nous bénéficiions déjà depuis notre sommet. Nous avons pris plusieurs photos dont certaines avec le Polonais au loin.


Nous avons entamé la descente à 20h30. Heureusement que le soleil de minuit était là pour nous accompagner. Nous avons retrouvé Putter à 23h30, épuisés mais contents d’être allés jusqu’au bout. Sur le parking, il n’y avait qu’une voiture, immatriculée en Pologne. Nous avons donc laissé sur le pare-brises un mot à l’attention du joyeux randonneur croisé plus tôt, en lui demandant de nous contacter par mail s’il souhaitait que nous lui envoyions les photos sur lesquelles il apparaissait. Il nous a répondu quelques jours plus tard qu’il était très intéressé par ces photos dans le cadre de son voyage intérieur. Il a également précisé que lors de notre rencontre, il marchait aux “champignons magiques”. Ceci explique donc sa gaieté quelque peu disproportionnée.

Après cette aventure et compte tenu de l’heure tardive, nous avons voulu redormir au même endroit que la veille, mais manque de chance, la place était déjà prise. Nous avons donc roulé un peu plus et avons trouvé un endroit, moins joli, mais bien au calme pour profiter d’une grâce matinée.

La journée qui a suivi s’est déroulée sous le signe du repos et de la détente. Nous avons emprunté les plus jolies routes des îles, fait un arrêt sur une petite plage de galets déserte pour pour profiter du grand soleil norvégien,

nous avons trouvé, par hasard, l’une des planques de nombreux touristes : une grande plage de sable devant laquelle des dizaines de camping-cars étaient garés. Et voilà, la journée finie, il ne nous restait plus qu’à trouver où élire domicile pour la nuit. Nous avons suivi une route en graviers qui montait, et au bout, l’emplacement parfait. Nous avons posé la tente sur une colline dominant la région.

 

Pour les troisième et quatrième jours, nous avions prévu deux treks : l’un rouge (difficulté 3 sur 4), mais d’une durée estimée de 2h30 uniquement, et l’autre bleu (difficulté 2 sur 4), d’une durée estimée de 5h, mais à plat. Nous avons choisi de commencer par la plus difficile et de finir notre séjour dans les Lofoten par une “balade” avant de prendre le ferry réservé pour 20h30.

La randonnée rouge consistait en l’ascension du mont Reinebringen. Même si le fait de monter plus de 400m en peu de temps s’est avéré parfois un peu fatigant et que certains passages étaient boueux, la marche n’a présenté aucune réelle difficulté.

Et la vue au sommet sur, entre autre, le village de Reine, était absolument splendide.


Le trek est, apparemment, recommandé par le Guide du Routard, ce qui nous a valu de croiser plusieurs Français. À l’occasion de quelques paroles échangées, nous avons pu constater que nous étions loin d’être les seuls à trouver que les informations prodiguées par les offices de tourisme norvégiens étaient assez limitées. Même problème concernant le fléchage sur les treks ou simplement pour trouver le parking de départ.
Cette fois, nous avons effectué la marche dans le délai prévu.

Pour la nuit, nous nous sommes installés sur une butte avec vue sur un pont. Comme nous avions récupéré de l’eau chaude sur une aire de repos, nous avons pu profiter d’une bonne douche chaude en plein air. Au réveil, le pont avait totalement disparu dans le brouillard, mais heureusement, il ne s’agissait que d’un micro-climat, le soleil était toujours bel et bien présent à quelques kilomètres de là

Le dernier trek, l’ascension du Munkan, devait être, comme je l’ai dit plus tôt, une quasi promenade de santé. Longue mais à plat. Nous avons scrupuleusement suivi les points rouges, mais bizarrement, le sentier à commencer à grimper, jusqu’à devoir nous aider de nos mains pour avancer. J’ai bien émis quelques doutes concernant le trajet, mais Franck était sûr de son coup. Et ce qui devait arriver, arriva. Nous avons atteint le sommet d’une montagne sans avoir la moindre idée de là où nous nous trouvions. En comparant la forme des lacs autour de nous et Google Maps, nous avons réalisé que nous étions au sommet du Tinstinden, à l’opposé de là où nous aurions dû être. L’ascension correspondant à une marche rouge. Un peu désappointés, nous avons tout de même profité de la très jolie vue qui s’offrait à nous.


En redescendant, nous avons cherché à quel moment ça avait dérapé et, sincèrement, nous n’y sommes pour rien, le fléchage était incompréhensible. Nous aurions juste dû mémoriser qu’il fallait contourner le premier lac par la droite et non par la gauche.

Le trek ayant été bien plus court que prévu, nous avons patienté pour embarquer sur le ferry.

Durant les 3h15 de traversée, nous nous sommes doucement éloignés de ses magnifiques îles que sont les Lofoten.

Ce fût également l’occasion de déguster un délicieux fiskeburger.

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