Les fjords de l’Ouest

Qu’on se le dise : visiter les fjords de l’Ouest c’est en grande partie faire de la route.

Avant de rejoindre cette région, nous décidons de suivre la route côtière de la péninsule de Tröllaskagi, plutôt que de couper via la route circulaire, qui s’étend entre les fjords Skagafjödhur et Eyjafjördhur et dont les paysages faits de monts escarpés, de vallées profondes et de rivières exubérantes, sont censés être similaires à ceux des fjords de l’Ouest.

Nous faisons halte pour la nuit juste avant le tunnel reliant Ólafsfjördhur et Siglufjödhur et posons la tente en haut d’une falaise sur un épais tapis de mousse bien molletonné. Depuis notre “maison”, nous voyons les montages embrumées, situées de l’autre côté du fjord.

Le lendemain matin, nous empruntons plusieurs tunnels successifs, creusés dans la montagne. Ils font chacun plusieurs kilomètres et sont assez peu éclairés. Le premier est à double sens mais n’est assez large que pour un seul véhicule alors tous les 50 m, des renfoncements sont aménagés. Mieux vaut ne pas être trop claustrophobe.

La route qui redescend en direction de Hofsós est splendide mais extrêmement venteuse. Suzette lancée à 80 km/h a du mal à tenir sur ses 4 roues.

Un peu plus loin, à l’approche de Blönduós, nous avons le plaisir de voir, dans les immenses enclos situés au bord de la route, plein de chevaux islandais, crinières au vent et apparemment, indifférents aux conditions climatiques un peu rudes.

Après cette journée de route, c’est un peu avant Hólmavík que nous plantons la tente. Nous sommes redescendus au niveau de la mer et bénéficions d’une petite plage privative.

Hólmavík signe le début de la côte du Strandir, annoncée par le Lonely Planet comme magnifique. Malheureusement, le temps commence à nous faire défaut et nous décidons donc de n’en faire qu’une petite partie. Nous faisons un léger décrochage par le tout petit port de la ville et ses quelques 5 bateaux puis reprenons la route en direction de Drangsnes, ville providentielle. Là, ce sont 3 petits bassins d’eau chaude naturelle qui nous attendent. Avant de pouvoir se prélasser avec vue sur la mer du Gröenland, la douche (chaude) est obligatoire. Ce n’est pas nous qui allons nous en plaindre… Et en bonus, une prise électrique dans la douche qui nous permet de recharger un peu la batterie de mon appareil photo. Que demander de plus ?

Comme je l’ai dit plus tôt, nous quittons rapidement la côte du Strandir et coupons par les terres pour rejoindre les fjords du sud de la péninsule. La route 608, après plusieurs kilomètres au milieu d’un paysage désolé, se termine par une longue descente offrant une vue splendide sur le bras de mer qui nous fait face.

La route 60, qui longe les fjords du sud de la péninsule, alterne entre bitume et gravier mais, il semble que les Islandais aient décidé de rendre cette partie du pays plus accessible aux petites voitures. À différents endroits, nous croisons des énormes machines travaillant à la construction de nouvelles routes, parfois en parallèle de celles existantes ou parfois carrément en travers du fjord. La matière première utilisée est la roche des montages environnantes qui est ensuite broyée en graviers. Le chantier est titanesque.

Un peu plus loin, nous sommes intrigués par une petite cahute un peu en retrait de la route. Il s’agit d’un refuge d’urgence, que l’on trouve généralement dans les régions montagneuses, avec un poêle, des vivres à disposition et 3 couchettes. Il est évidemment strictement interdit de s’y installer juste pour le plaisir.

Nous passons la nuit près d’une cascade. Le lieu n’a, pour une fois, que peu de charme mais, compte tenu de la pluie ininterrompue, cela n’a pas d’importance.

Le matin, nous nous préparons pour une petite marche à proximité du lac Vatndals mais le mauvais temps et la fin du voyage qui se fait de plus en plus proche nous convainquent d’abandonner l’idée et de nous rendre directement sur la péninsule de Látrabjarg. D’abord il nous faut faire le plein d’essence. En Islande, comme dans beaucoup de pays ayant de vastes zones inhabitées, il vaut mieux éviter d’attendre la dernière goutte du réservoir pour se décider à faire le plein. Flókalundur a bien une station-service mais en y arrivant, nous trouvons plusieurs voitures qui attendent. La pompe, normalement en libre service, est “bloquée” et personne n’est présent pour régler le problème. Quelques kilomètres plus loin nous retentons notre chance à Múli. La pompe n’est pas en libre service et le local est fermé mais il y a un petit mot sur la porte indiquant qu’il faut téléphoner. Des italiens sont, semble-t-il, déjà en train de le faire. Effectivement, un peu après, un homme débarque pour nous servir. Pour la première fois depuis que nous sommes en Islande, il nous demande si nous pouvons payer en espèces. Heureusement que nous en avons gardé un peu de côté.

La route infestée de nids de poule de la péninsule de Látrabjarg passe devant l’épave rouillée du Gardhar puis longe des plages de sable fin dignes des plus belles cartes postales. Au bout de la route, nous arrivons aux célèbres falaises aux oiseaux mais… sans les oiseaux ! Nous avions bon espoir qu’ils décalent d’une dizaine de jours leur départ prévu à la mi-août mais non. Maintenant que nous avons atteint le point le plus occidental de l’Europe (Açores exclues), nous n’allons pas repartir de si vite. Nous prenons le temps de longer le littoral, bercés par la douce odeur des fientes des milliers d’oiseaux récemment envolés. Le paysage en lui-même vaut le détour. Les majestueuses falaises pointent vers le ciel. Chacune monte plus haut que la précédente. Nous atteignons les nuages (ou sont-ce plutôt les nuages qui descendent jusqu’à nous ?).

Après avoir bien profité du lieu, nous faisons marchons arrière et partons à la découverte de Raudhisandur, une jolie plage aux teintes rougeâtres, bordée par une immense lagune. À quelques centaines de mètres de là se trouve un terrain de camping herbeux, apparemment mis à disposition gratuitement, avec des toilettes mais pas de douche. Franck refuse de s’y installer par crainte du tueur psychopathe qui vivrait dans l’une des maisons en ruine situées juste à côté. Nous déplions finalement la tente à quelques kilomètres, encore à côté d’une cascade, sur un lit de cailloux (heureusement que nous avons des matelas gonflables), en compagnie de gentils moutons.

Nous quittons la péninsule de Látrabjarg pour aller plus au nord. Les kilomètres défilent et le réservoir se vide. Nous faisons donc un arrêt technique à Patreksfjördhur puis prenons la direction de la cascade Fjallfoss. Sur le chemin, un arc-en-ciel aux couleurs intenses nous rappelle que la pluie peut parfois embellir un paysage.

Une fois sur place, avant d’aller admirer la cascade de plus près, nous restons dans la voiture pour déjeuner une bonne salade de tomates-concombre-thon (un classique), pendant ce temps Franck parcours des yeux la carte pour estimer ce que nous pouvons encore faire avec le temps restant. Il voit des pointillés, au milieu de l’eau, reliant une ville à 30 km de là où nous nous trouvons à Snæfellsnes où nous voulons aller : un ferry ! Nous n’y croyons pas trop mais par acquis de conscience, nous regardons sur internet. Un bateau part tous les jours à 18 h et apparemment il y a des disponibilités. C’est décidé, nous tentons le coup !

Même si nous ne lui accordons pas le temps mérité, la cascade Fjallfoss (également appelée Dynjandi) est splendide. Franck l’a même classée “plus belle cascade du monde”.

Plus que 2h30 avant le départ du ferry ! Nous faisons les 30 km de piste nous séparant de Brjánslækur d’où part le bateau. Nous arrivons, le bureau pour acheter les tickets est fermé. Plusieurs autres touristes font les cents pas devant la porte. Nous préférons assurer et achetons les tickets directement sur internet. Au moment de la vérification, nous présentons la confirmation d’achat sur la tablette, ce qui passe sans problème.

Et c’est parti pour 2h30 de traversée avec au programme : électricité à volonté, gros hamburgers et quelques dauphins aperçus au loin !

2 thoughts on “Les fjords de l’Ouest

  1. Elsa

    Hello les baroudeurs !!! Je viens de découvrir votre blog en cherchant où dormir en van à Perth !! hihi, c’est super de partager tout vos voyages !!! continuez comme ça et profitez bien

    1. Sandra

      Bonjour Elsa,

      merci pour ce gentil commentaire.
      Nous sommes toujours ravis de savoir que le blog est utile à d’autres voyageurs.
      Et en ce qui concerne “où dormir en van à Perth”, Mosman Park est vraiment un super endroit pour être tranquille dans un environnement plutôt sympa. J’espère que c’est toujours d’actualité…

      Bon voyage !

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