Le parc national des Rondane

Nos premiers pas de “grands randonneurs” ont été dans le parc national de Rondane, premier parc national créé en Norvège, en 1962. Il est souvent considéré comme le plus beau site de randonnée alpine du pays. L’écrivain Henrik Ibsen décrivait ses paysages comme des “palais empilés sur des palais”.
La dernière ville avant le parc est Otta. C’est donc là-bas que nous avons cherché des informations concernant les treks. Nous avons d’abord suivi le syndicat d’initiative indiqué par le GPS et nous nous sommes retrouvés face à un bâtiment désaffecté. Un peu plus loin, j’ai aperçu le sigle “information” à l’intérieur d’un centre commercial, mais ce n’était en réalité que des informations sur le centre commercial. Nous avons alors demandé à un jeune vendeur s’il savait où l’on pouvait en savoir plus sur les randonnées du parc national des Rondane. Ils nous a naturellement répondu : sur internet ! Le concept d’office de tourisme semble donc complètement has been en Norvège.
Tant pis, nous avons repris la route avec les informations déjà en notre possession.
La route qui mène au parc est sinueuse et étroite, ce qui m’a valu quelques sueurs froides, surtout face aux bus qui ne voyaient pas trop l’utilité du frein.
En chemin, nous sommes tombés sur une boutique. La responsable nous a confirmé la route à suivre et nous a indiqué que, contrairement a ce que Franck avait vu (ou cru comprendre) sur internet, il fallait arrêter la voiture au parking de Mysusæter pour ensuite marcher jusqu’au refuge de Rondvassbu d’où partent les différents treks. Cela peut paraître anodin, mais ça fait tout de même 12,4 km soit 3h de marche supplémentaires, aller-retour.
Une fois sur le parking, à 17h30, nous ne savions pas trop quoi faire. Après réflexion et débat, nous avons décidé de partir le soir même et de dormir en cours de chemin. Il fallait donc préparer les sacs à dos avec tout le nécessaire pour la nuit, les repas et la marche quelle que soient les conditions météorologiques. Nous voilà donc partis avec les deux grand sacs à dos bien remplis.


Une fois le refuge atteint, il nous fallait choisir entre l’ascension du Storronden (5h A/R) ou celle du Vinjeronden, plus difficile, éventuellement combinée à l’ascension du pic voisin, le Rondsolett (6h A/R).

N’étant pas habitués à trekker avec beaucoup de poids sur le dos, nous avons choisis la facilité. Une demi-heure de marche plus tard, nous avons trouvé l’endroit idéal où passer la nuit, dans un creux, bien protégés du vent. Nous avons monté la tente,  mangé quelques maigres tranches de jambon et une tomate chacun (nous n’avions pas assez de place pour le réchaud) puis avons rejoint les bras de Morphée (la version scandinave, à 5°C) jusqu’au lendemain 7h.


Au réveil, nous avons décidé de ne partir qu’avec le nécessaire pour la journée et de laisser sur place la tente, les sacs de couchage et tout le reste utile que durant la nuit. Après tout, nous étions censés repasser par le même chemin. Du coup, j’ai repris la route légère comme une plume et Franck, chargé comme une mule.
Après quelques kilomètres, deux panneaux se sont présentés à nous : l’un en direction du Storronden et l’autre, en direction du Rondsolett. Finalement, nous sommes revenus sur notre décision initiale et avons décidé de suivre la direction du Rondsolett, pensant nous arrêter probablement au sommet du Vinjeronden.
D’abord, nous avons marché à travers des sortes de plaines minérales laissant rapidement place à des montées caillouteuses assez pentues et parfois glissantes. Nous avons traversé des zones enneigées qui m’ont valu deux gamelles sur les fesses, au retour.

Après plusieurs heures, nous avons atteint le sommet du Vinjeronden, en tout cas, c’est ce qu’on croyait. Nous étions encore suffisamment en forme pour décider d’en faire un peu plus, alors nous avons continué. Cette fois, il a fallu franchir de gros blocs de roches. Pas évident de base et encore moins lorsque l’on a une dizaine de kilos sur le dos.

Arrivés en haut, nous étions littéralement dans les nuages, mais très fiers d’avoir atteint le Rondsolett.

Notre fierté s’est vite évanouie lorsque nous avons vu plusieurs norvégiens continuer le trek et surtout lorsque nous avons commencé à faire le chemin inverse et que deux randonneurs nous ont demandé “vous n’allez pas au 2e pic ?!”. Nous avons compris que nous venions tout juste d’atteindre le sommet de Vinjeronden. Nous n’avons pas changé d’avis car il était grand temps pour nous de faire demi-tour et nous commencions à être un peu fatigués. Sur le chemin du retour, nous avons croisé beaucoup de marcheurs, quasiment que des norvégiens, qui semblent avoir une passion pour la randonnée, et si possible, en famille. Nous avons croisé des enfants d’à peine 6 ans portant déjà leur propre sac à dos. Les chiens sont aussi de la partie. Des petites chaussette pour protéger leurs coussinets de la neige et des cailloux et, hop, ils passent partout !


Enfin retournés à notre campement, la tente était toujours en place. On a refait les sacs à dos, cette fois Franck m’a beaucoup moins épargnée, et on a affronté les derniers kilomètres. Les 6,2 km séparant le refuge du parking nous ont paru interminables. Nous sommes arrivés exténués, les pieds en feu, mais relativement satisfaits de notre “remise en route”.

Nous avons repris la route en direction du parc national de Dovrefjell-Sunndalsfjella.

Leave a Reply

%d bloggers like this: