La vente d’Obi

Pour ceux qui n’ont pas parfaitement suivi le blog depuis le début, voici une rapide présentation de notre Obi: il s’agit d’un van 4X4 Mitsubishi Express de 1993, idéalement aménagé et équipé pour des backpackers (ça ce sont les points positifs) mais étant immatriculé dans le Queensland et ayant 489 000 km au compteur au moment de la vente et accessoirement, un bris de glace sur le pare-brise, une boîte de vitesse de seconde main qui “accrochait” un peu, un système de verrouillage des portières quelque peu défaillant, un léger souci d’électricité c’est-à-dire que la radio, les lampes intérieures et l’horloge ne fonctionnent pas, le voyant de pression d’huile restant toujours allumé…
Mais attention: loin de moi l’idée de dévaloriser Obi qui nous a menés par monts et par vaux sans jamais faiblir ! (Bon ok, il a peut-être faibli quelques fois mais il ne nous a jamais mis dans des situations vraiment critiques…)
Je reviens sur notre problème d’immatriculation. Le fait que nous soyons immatriculé dans le Queensland et que nous souhaitions vendre le van dans le Western Australia peut sembler sans gravité mais c’est en réalité un vrai souci dont nous n’avions aucune connaissance au moment de l’achat à Brisbane (Queensland).
Un petit cours sur le “registration” ou “rego” australienne s’impose: en Australie, les différents états sont indépendants et fixent leurs propres règles, en l’occurrence au niveau de l’achat/vente d’un véhicule. Lorsque que nous avons acheté le van dans le Queensland, les anciens propriétaires ont dû nous présenter un “Safety Certificate”, un document nous certifiant que le véhicule avait passé un contrôle technique, imposé par l’état du Queensland, avec succès. La rego qui est un peu l’équivalent des anciennes vignettes en France peut avoir une validité de 3, 6 ou 12 mois en fonction des états. La nôtre se périmait au mois de mai et comme il s’agissait d’une rego Queensland, nous avons pu la renouveler par internet, ce qui n’est pas le cas pour tous les états, par exemple pour renouveler une rego New South Wales il faut se trouver dans le New South Wales (ce qui un peu compliqué pour des backpackers qui voyagent à travers tout le pays).
Là où ça c’est compliqué, c’est lorsque nous nous sommes renseignés pour vendre un véhicule dans le Western Australia. Après des heures de recherches sur internet et plusieurs visites aux bureaux des transports de différentes villes du WA, nous en avons conclu que nous avions 3 possibilités:

– vendre le van avec la rego Queensland dans le Queensland c’est-à-dire faire 5000 km en voiture puis 5000 km en avion dans l’autre sens pour partir de Perth

– réimmatriculer la voiture dans le Western Australia c’est-à-dire lui faire passer un contrôle technique réputé pour être très sévère et faire poser un immobilizer (une sorte d’antivol) obligatoire dans l’état. Coût estimé après discussion avec un garagiste: plusieurs milliers de dollars sans avoir aucune garantie de pouvoir répercuter ces frais sur le prix de vente

– vendre le van avec l’immatriculation Queensland en expliquant à l’acheteur qu’il sera dans l’obligation de la faire réimmatriculer WA avec toutes les frais que cela implique ce qui n’est pas très vendeur

Les différentes personnes que nous avons consultées dans les bureaux des transports nous ont conseillés à demi-mot d’opter pour la 3ème solution mais sans trop s’étendre sur les frais que cela pourrait engendrer. En clair, ils nous conseillaient de vendre le van avec la rego QLD ce qui est parfaitement légal et l’acheteur se débrouillerait lorsqu’il se rendrait compte de ce que représente la réimmatriculation. Légal, oui mais pas très moral et nous avions un peu de mal avec le concept de pourrir le voyage de backpackers…
Nous avons publié sur 2 sites internet l’annonce pour vendre le van environ un mois et demi avant la fin de notre voyage. Le premier site est l’incontournable Gumtree, la référence en matière de vente et d’achat de véhicule en Australie. Le second, le forum d’Australia Australie, un site que beaucoup de backpackers français consultent régulièrement avant leur arrivée en Australie. Prix annoncé: 8600$. Nous avions volontairement visé haut pour se permettre une vraie marge de négociation mais peut-être avions-nous vraiment visé trop haut car nous n’avons eu aucun retour alors nous avons décidé de baisser à 7900$. Pour faire remonter notre annonce sur le forum d’Australia Australie, nous avions même eu la grande idée de créer un faut profil, « Seb et Marie » qui posaient des questions très pertinentes auxquelles nous nous faisions un plaisir de répondre. Technique bien plus constructive que le fameux « up » qui ne sert qu’à faire remonter son post. Suite à ces annonces, nous avons finalement reçu un appel, quelques jours avant que nous arrivions à Perth…

Maxime et Sophie
Au téléphone, le jeune homme nous explique qu’il serait intéressé par Obi. Il cherche un van 4X4 car il souhaite se rendre sur l’Oodnadatta Track, impraticable avec un van normal. Nous convenons de nous rencontrer 2 jours plus tard car nous avions encore le désert des Pinnacles à visiter. Durant les 2 jours précédant cette rencontre, dès que le temps nous le permettait, nous avons frotté l’extérieur, l’intérieur, le plafond témoin de nombreux meurtres de moustique… jusqu’au matin même où en un temps record, nous avons tout sorti sur le parking du jardin botanique de Perth où nous avions passé la nuit et avons fini de tout nettoyé de fond en comble. Nous avons également commencé à retirer les autocollants qui avaient sérieusement palis avec le soleil. Et surtout, nous avons mis de l’huile partout : sur les amortisseurs qui couinaient, sur la portière qui grinçait, sur la serrure du coffre qui coinçait… Une nouvelle jeunesse pour Obi !
Nous les retrouvons devant leur auberge de jeunesse. Lui est plutôt sympathique et enthousiaste, elle, plus austère. Assez rapidement, ils nous “avouent” qu’ils sont en train de faire un tour du monde et que l’Australie n’est qu’une étape de 2 mois et demi. Ils auraient tout de même pu nous le dire au téléphone… Peu importe, avec tout le mal que nous nous sommes donnés, nous faisons notre vente à fond: nous les faisons rêver en leur racontant partout où nous sommes allés, nous mettons en avant l’aspect pratique de l’aménagement du véhicule, nous minimisons le nombre de kilomètres au compteur en leur expliquant que le moteur a été remplacé et que celui-ci n’a que 150000 km… Ils essayent le van en ville et à notre retour à l’auberge de jeunesse, ils nous demandent si ça ne pose pas de problème d’acheter un van avec une rego Queensland dans le Western Australia. Nous restons vagues en jouant la carte de la naïveté. Après 3h passées ensemble, ils reconnaissent être plutôt convaincus mais ils hésitent toujours avec la location d’un van qui serait moins contraignante car pas besoin de réfléchir à la revente du véhicule.
Le lendemain, nous savions qu’ils devaient voir une agence de location vers 15h alors nous décidons de tenter le tout pour le tout et les appelons en fin de matinée pour leur exposer nos derniers arguments (que l’achat sera toujours plus avantageux financièrement que la location, que nous avons trouvé LA solution au petit problème de rego…) mais pas de chance, nous tombons sur le répondeur et en Australie, les messages sont limités à 10 secondes ! Nous voilà bien malins, ils vont entendre un message qui dit: “Bonjour, c’est Sandra et Franck les propriétaires du van 4X4, on a bien réfléchi et… BIP”. Non seulement nous n’avons pas pu exposer nos arguments mais en plus, nous passons pour des désespérés. Dans l’après-midi, nous n’avons toujours aucune nouvelle de leur part et Franck a alors une révélation: le numéro que nous avons appelé n’était pas le bon ! Il s’agissait du numéro d’un australien qui vendait également un van 4X4 et que nous avions appelé quelques jours auparavant pour le sonder sur son véhicule. Et en prenant l’historique des numéros appelés, nous n’avons pas choisi le bon. Jolie boulette ! Alors nous décidons à nouveau de tenter le tout pour le tout mais cette fois par mail. Nous appelons également l’agence de location qu’ils devaient visiter pour avoir des informations sur les tarifs et les disponibilités des véhicules et apprenons qu’aucun van n’est disponible avant une dizaine de jours, voilà qui devrait jouer en notre faveur… En fin de soirée, ils nous répondent par mail qu’ils ont finalement choisi la location. Mais nous ne lâchons pas l’affaire ! (Nous ? Désespérés ? Pas du tout…). Alors nous les rappelons pour être sûrs qu’ils ont bien compris nos arguments (car je rappelle que nous savions qu’ils ne pouvaient pas avoir de van en location avant 10 jours et quand on veut faire l’Australie en 2 mois et demi, 10 jours c’est long) mais ils restent sur leur position. Quoiqu’il en soit, la discussion est tout à fait cordiale, le garçon nous donne même de bonnes adresses dans Perth où poster notre annonce. Le lendemain, nous nous lançons donc dans la tournée des auberges de jeunesse et autres lieux fréquentés des backpackers pour déposer notre annonce affichant un nouveau prix de 6900$ et qui rencontrons-nous dans une agence de voyage…? Sophie et Maxime ! Comme ils ne nous avaient pas vu rentrer, nous avons retiré notre annonce du panneau d’affichage et sommes sortis de l’agence afin de provoquer une rencontre fortuite lorsqu’ils partiraient. (Nous ? Psychopathes ? Pas du tout…). “Ohlala, vous ici ! Quel hasard ! Mais que faites-vous dans une agence de voyage ? Vous n’êtes pas déjà sur les routes à bord de votre van de location…?” (J’ai oublié de préciser qu’on avait fait l’Actor’s Studio dans une vie antérieure.) Ils étaient un peu mal à l’aise mais nous en avons conclu qu’ils s’étaient payés un voyage organisé de quelques jours en attendant qu’un van en location soit disponible et surtout que c’était elle qui avait opté pour cette solution, elle ne nous a jamais vraiment aimé…

Le jour d’après, nous sommes allé voir un garage qui rachetait des véhicules pour les vendre aux enchères et Travellers Auto Barn, une agence de location de van qui proposait également de racheter des vans. Les 2 ont été tout à fait honnêtes et nous ont dit qu’ils pourraient racheter Obi pour une bouchée de pain étant donné le rego du Queensland et le nombre de kilomètres et qu’il valait mieux pour nous que nous trouvions un acheteur non professionnel.

Une fois le processus lancé, c’est-à-dire que nous avons déposé des annonces dans toutes les auberges de jeunesse de Perth et de Fremantle, nous avons décidé de ne pas rester sur place à attendre les appels et de profiter encore un peu de notre voyage en allant découvrir le sud de Perth. Le matin avant notre départ, nous avons rencontré 2 jeunes français qui avaient dormi sur le même parking que nous. Ils venaient d’acheter un van “normal” et allaient attaquer le tour de l’Australie sous peu. En leur racontant tous les endroits reculés que nous avions pu atteindre grâce à notre van 4X4, ils ont commencé à regretter leur achat. L’un d’eux nous a même demandé nos coordonnées “au cas où” mais nous n’avons plus jamais eu de nouvelles par la suite.

Le 29 juin, alors que nous étions sur le parking de Cape Leeuwin, loin de toute civilisation, dans l’optique d’y passer la nuit, nous avons eu une visite étonnante…

Crystal et Jonnhy
La nuit était tombée, il pleuvait fort. Une voiture se gare à côté de nous, personne n’en sort… Quelques minutes plus tard, le klaxon retentit, nous l’ignorons. Au 2ème coup de klaxon, je vois qu’ils ont ouvert leur vitre et nous font des signes. J’ouvre ma vitre à mon tour et me fais tremper en quelques secondes. Ils nous demandent en criant pour surplomber le bruit de la pluie battante:
– Vous vendez votre van ?
– Yes (Je rappelle que nous sommes parfaitement bilingues même dans les situations les plus extrêmes mais nos lecteurs étant majoritairement francophones, je vous retranscris la version traduite)
– Combien ?
– 6900$ ! (Oui, nous avions encore baissé de 1000$ le jour même)
Ils font une petite manoeuvre pour se rapprocher de nous et faciliter la conversation. Après quelques temps, la pluie s’arrête, nous sortons de nos véhicules respectifs. Il s’agit d’un couple d’australiens ayant entre 35 et 40 ans. Lui a l’air d’un homme de main travaillant pour la mafia, elle, masseuse dont les 3 enfants sont en âge de s’assumer (à à peine 40 ans ? euh… pourquoi pas) est du genre jogging moulant et maquillage légèrement vulgaire. Peu importe, ils sont sympathiques. Ils nous expliquent qu’ils souhaitent voyager dans leur pays mais le souci est qu’elle a peur de voyager. Ils sont définitivement vraiment spéciaux ces 2 là… L’ambiance est détendue, Franck ne voulant pas passer à côté d’un acheteur potentiel fait sa présentation à fond: une banquette convertible en lit, des tiroirs accessibles de l’intérieur comme de l’extérieur, des pneus quasiment neufs, un moteur n’ayant que 150000 km… et bizarrement, à chaque fois qu’il évoquait le moteur (engine en anglais), Crystal esquissait un sourire. Elle finit par l’interrompre et lui dit:

– lorsque tu dis “engine” (qu’il prononçais “engina” au lieu de engin) on dirait que tu dis “vagina” (qui signifie donc vagin)
Voici donc la vente de Franck comprise par des australiens:
– le vagin a été changé, il n’a que 150000 km…

Ok, nous comprenons mieux pourquoi ils rigolaient autant.
Avant de se séparer, nous décidons d’échanger nos coordonnées mais comme rien n’est facile avec eux, il a fallu qu’ils démarrent leur voiture pour brancher le téléphone totalement déchargé sur allume-cigare. Quant à elle, son téléphone ne lui servait que pour utiliser internet. Normal… Elle nous a également écrit son mail et leurs numéros de téléphones sur une carte postale et à chaque fois qu’elle se trompait, elle reprenait une nouvelle carte postale. Et avant de partir, ils m’ont remis une dizaine de ces cartes gratuites récupérées dans des hôtels ou des bars. Mais pourquoi tout est si bizarre avec eux ?
Nous ne savions pas quoi en penser, plus le temps passait plus j’étais convaincue qu’il s’agissait d’un délire qu’ils s’étaient payé… Nous avons tout de même essayé de les recontacter par mail et par téléphone mais n’avons jamais obtenu de réponse.
Le dernier jour, alors que nous étions à l’aéroport, nous avons tenté un dernier message en leur disant que nous étions convaincus qu’il s’agissait d’une blague de leur part, que nous avions bien rigolé, que le van était vendu et que nous voulions simplement savoir la vérité. Ils nous ont répondu: “En effet c’était bien marrant mais non, ce n’était pas une blague, nous n’étions simplement pas décidés”. Conclusion: ils sont vraiment complètement secoués !

Sur le chemin du retour vers Perth, nous commencions vraiment à nous demander pourquoi nous ne recevions aucun appel. Nous nous sommes alors placés en tant qu’acheteurs et avons cherché un van et nous ne sommes jamais tombés sur notre annonce ! Nous avons compris que notre annonce était très mal référencée, elle ne contenait pas les bons mots-clefs, il fallait mettre « Campervan » et non « Van ». Nous avons résolu ce problème, supprimé le kilométrage de la voiture pour ne laisser que celui du moteur et avons également supprimé l’information comme quoi la rego était du Queensland, nous avons payé une option « Top Add » pour faire remonter l’annonce et les appels arrivèrent comme par magie dès le soir même !

Fiona et James
Ce couple de backpackers semblait très intéressé. Nous avions rendez-vous le 3 juillet à 17h. A 16h45, nous avons reçu un SMS de leur part nous signifiant que finalement ils ne viendraient pas car ils venaient de découvrir le kilométrage de la voiture. Ça nous apprendra à publier des photos compromettantes sur le blog…

Steve
Cet australien sexagénaire est venu voir le van le 4 juillet à 12h30. Il cherchait un van 4X4 ou un 4X4 pour sa petite fille qui était en rade quelques milliers de kilomètres plus au nord. En tant que bon australien, il a demandé à voir le moteur, l’état de la mécanique, il a tout passé en revue… De caractère un peu survolté, lorsqu’il a essayé la voiture, ses gestes étaient parfois maladroits. Il a foncé, freiné, changé les vitesses, est passé du mode 2X4 en mode 4X4 puis en mode low 4X4 sans jamais marquer d’arrêt… Grosse erreur ! La voiture s’est mise à vibrer… Steve et Franck qui l’avait accompagné dans sa petite virée sont revenus sur le parking où j’attendais avec l’épouse de Steve, les mines décomposées. Steve est passé sous le van, a bidouillé quelques trucs, nous a expliqué que c’est le mode 4X4 qui était resté coincé mais que tout était réglé. Ils sont repartis faire un tour et effectivement, le van ne vibrait plus. Steve était emballé, il nous a dit qu’il devait en discuter avec d’autres membres de sa famille qui avaient vu d’autres véhicules mais qu’il était presque sûr de prendre Obi. Le prix était à ce moment passé à 5500$. Il nous assure qu’il les valait et qu’il n’avait pas l’intention de négocier. Réponse promise le lendemain dans la matinée.
Le lendemain, à 13h, nous n’avons toujours aucune nouvelle de Steve, nous décidons alors de lui passer un petit coup de fil. Toujours aussi hyperactif, il s’est excusé, nous a expliqué que finalement il voyait un dernier véhicule en début d’après-midi mais que, sans faute, il nous rappelait vers 15h…

Le jour où nous avons rencontré Steve, nous avons également eu un rendez-vous avec un nouveau couple de français de passage en Australie dans le cadre d’un tour du monde. Nous les avons rencontrés à Fremantle à 16h.

Couple de Fremantle
Contrairement au premier couple en TDM rencontré quelques temps auparavant, ils n’étaient pas en Australie pour 2 mois et demi mais bien au contraire. Leur tour du monde était prévu pour une durée indéterminée donc ils pensaient rester dans ce pays entre 1 à 2 ans. Ils n’étaient pas non plus très pressés d’acheter un véhicule car au moment où nous les avons rencontrés, ils travaillaient et n’avaient pas prévus de prendre la route avant quelques temps, ce qui jouait en notre défaveur. Le garçon était venu accompagné d’un copain connaisseur en mécanique. Ils ont examiné le van sous toutes ses coutures puis il l’a essayé et a d’ailleurs failli nous détruire un pneu en se prenant un trottoir. Il était plutôt intéressé. Nous avons même abordé le problème du paiement: par virement ou en liquide ? En dollars ou en euros ? Il devait nous faire un retour rapidement après avoir discuté avec sa copine…

Israël
Ce français nous avait contactés par mail. Il ne devait arriver en Australie que le 08 juillet (nous partions le 09) mais au vu de notre blog, il était convaincu que notre van 4X4 était celui qu’il lui fallait. Il nous a donc envoyé une proposition par mail le 05 juillet : il proposait que nous nous rencontrions le 09 pour qu’il achète le van à 4500$ sans même l’essayer. Pourquoi pas mais s’il ne venait pas… ?

Sebastian
03/07 – 18h : Ce jeune australien de 25 ans est venu accompagné de sa copine, que Franck a d’ailleurs pris pour sa petite sœur de 14 ans tellement elle était timide et discrète, et de sa maman, une allemande immigrée en Australie depuis 30 ans. Il a vérifié la voiture à l’australienne c’est-à-dire qu’il s’est focalisé sur la mécanique, il a tout regardé, tout testé. Sa mère était là pour qu’il n’oublie rien. Conclusion : à part une petite fuite d’huile, le van semblait parfait ! Il nous fait une offre : 2500$ ! (au lieu de 5500$). Réaction de Franck : il a ri puis lui a dit :

– You know it’s not the good price
– 2800$
– You want to play, ok. But now I tell you NO! This is the game but I heard your proposition…

– Tu sais que ça n’est pas son prix
– 2800$
– Tu veux jouer, ok. Mais là je te dis NON ! C’est le jeu mais j’ai entendu ta proposition…
Ils sont repartis.

04/07 – 12h04 : Nous recevons un SMS d’un numéro inconnu indiquant simplement : « 3600 »
04/07 – 12h44 : Nouveau SMS « Still 4 sale » / « Toujours à vendre »
04/07 – 13h02 : Alors que nous sommes en train de présenter le van à Steve, je reçois un appel de ce numéro. Il s’agit de Sebastian, il veut savoir où nous en sommes dans la vente. Je lui assure que nous le rappellerons rapidement pour le tenir au courant.
04/07 – 15h30 : Il nous rappelle alors que nous sommes en chemin pour Fremantle pour rencontrer le couple de Français. Nous lui expliquons que nous avons vu un australien qui est très intéressé à 5500$ et que là nous nous rendons à un autre RDV avec un couple de backpackers français. Il nous fait une nouvelle offre : 4000$
04/07 – 20h45 : Nouveau SMS « I can offer accomodation and a lift to the airport as well » / « Je peux vous offrir un logement et vous emmener à l’aéroport si besoin »

L’acheteur
Notre favori était sans conteste Steve. Il était vraiment intéressé et ne souhaitait pas négocier. Nous l’avons donc rappelé le 05 juillet en milieu d’après-midi. Il nous a alors dit qu’il avait complètement oublié de nous recontacter mais qu’il avait vu un 4X4 quelques heures auparavant et comme celui-ci était diesel, il l’avait acheté immédiatement. A J-4 avant notre départ, tous nos espoirs se sont effondrés !
Nous savions que Sebastian était vraiment intéressé, compte tenu de son insistance, mais son offre à 4000$ ne nous satisfaisait pas vraiment. Alors nous avons d’abord appelé le couple de français de Fremantle. Après réflexion, ils avaient estimé que pour ce prix ils pouvaient trouver beaucoup mieux, ils ont donc décliné la proposition tout en laissant une porte ouverte si nous ne trouvions personne. En clair, ils se proposaient de nous la racheter pour quelques billets si nous étions vraiment désespérés le jour du départ. Sympas !
Il ne nous restait donc plus que Sebastian. Nous avons décidé de la jouer au bluff. Franck l’a donc appelé :

– Hi Sebastian. I call you because the other australian guy and the french couple are really interested at 5500$ but they will give me their definitive answer only tomorrow so I can’t be sure they won’t change their mind. I know you want the car you know I want to sell it quickly so if you make me a good offer now, the van is yours!
– My last offer was 4000$ and I can offer accommodation and a lift to the airport
– We don’t need accommodation and lift, we have friends on Perth
– 4000$ is my last offer
– I give you 1 hour. Speak with your girlfriend and call me back. You will make me a new offer and I will make you a new offer. Ok?
– Ok
– See you Sebastian

– Salut Sebastian. Je t’appelle car l’autre australien et le couple de français sont très intéressés à 5500$ mais ils ne me donneront leurs réponses définitives que demain donc je ne peux pas être sûr qu’ils ne changeront pas d’avis. Je sais que tu veux la voiture, tu sais que je veux la vendre rapidement donc si tu me fais une offre intéressante maintenant, le van est à toi !
– Ma dernière offre était de 4000$ et je peux vous offrir le logement et vous emmener à l’aéroport
– Nous n’avons pas besoin de logement et de taxi, nous avons des amis à Perth
– 4000$ est ma dernière offre
– Je te donne 1 heure. Discute avec ta copine et rappelle-moi. Tu me feras une nouvelle offre et je te ferai une nouvelle offre. Ok ?
– Ok
– A bientôt Sebastian

Et nous avons attendu…

1 heure plus tard, Sebastian a rappelé :

– Can you come to my job?
– Do you have a new offer?
– Yes
– Which one?
– I will tell you when I will see you, can you come?
– Where are you?
– In Scarborough
– It’s too far. We are in Cottesloe. We can meet each other half way.

Nous regardons rapidement sur un plan, City Beach où nous nous trouvions en réalité était justement à mi-chemin entre Scarborough et Cottesloe.

– In how many time can you be in City Beach?
– 1 hour
– I think there is a big car park in front of the beach (ce que nous savions très bien puisque nous étions dessus). We are waiting for you.

– Pouvez-vous venir à mon travail ?
– As-tu une nouvelle offre ?
– Oui
– Laquelle ?
– Je vous le dirai quand on se verra. Pouvez-vous venir ?
– Où es-tu ?
– A Scarborough
– C’est trop loin. Nous sommes à Cottesloe. Nous pouvons nous rencontrer à mi-chemin.

Nous regardons rapidement sur un plan, City Beach où nous nous trouvions en réalité était justement à mi-chemin entre Scarborough et Cottesloe.

– Dans combien de temps peux-tu être à City Beach?
– 1 heure
– Je pense qu’il y a un grand parking face à la plage (ce que nous savions très bien puisque nous étions dessus). Nous t’attendons.

En attendant son arrivée, nous nous sommes rendus dans une banque pour savoir quels risques nous encourions à accepter un paiement en cash. Les banquiers nous ont regardés l’air ahuri et nous ont expliqué que ce genre de transaction était très fréquent en Australie et qu’il n’y a avait aucune inquiétude à avoir, les faux billets n’existaient pas dans ce pays. Même les banques ne disposent pas de machine pour vérifier les billets, ils ne font qu’y jeter un œil et les toucher.
Sebastian est arrivé avec sa copine est un ami. Il s’est avancé seul vers nous, a sorti une enveloppe, nous la tendue et a dit :

– Il y a 4400$

Franck lui a répondu :

– Tu es monté de 400$ par rapport à ta précédente offre, moi je pensais baisser de 800$ (je tiens à préciser qu’il a dit ça sans réfléchir au résultat final) c’est-à-dire que je te propose 4700$.
– C’est tout ce que j’ai
– C’est tout ce que tu as sur toi mais je suis sûr que tu plus sur ton compte

Mauvaise réplique…

Sebastian a sorti son reçu de banque, son solde était de 1$ ! Oups !
Nous avons discuté quelques temps de notre côté puis sommes revenus vers lui :

– Nous avons une nouvelle proposition qui va surement te faire rire. Tu nous donnes 4500$ maintenant MAIS nous gardons la voiture jusqu’à lundi, ce qui nous permet d’économiser les frais d’hébergement. Et en échange je te donne mon passeport et sans passeport, je ne peux plus partir.

Précisons que peu de temps avant nous lui avions expliqué à quel point les français étaient malhonnêtes et qu’il ne fallait surtout jamais accepter de l’argent liquide en France. Alors un passeport…
Nous lui avons aussi dit que notre histoire d’amis sur Perth était complètement bidon.

Son copain demande à discuter avec lui. Il revient :

– Je te donne 2000$ aujourd’hui ainsi que mon permis de conduire, je prends ton passeport et on finalise le deal lundi

Ils se sont serré la main. La copine de Sebastian a sauté de joie !

Une fois le deal conclu, ils nous ont à nouveau proposé de nous héberger mais nous avons refusé prétextant que nous voulions à tout prix profiter de nos derniers jours « de liberté ». C’était en partie vrai mais nous voulions surtout éviter qu’il se rende compte d’un quelconque problème sur la voiture avant que nous ayons passé la frontière. Nous, paranos ? Pas du tout…

Le 09 au matin, nous étions fin prêts, les sacs à dos étaient bouclés, nous avions prévu de déjeuner dans un très bon restaurant japonais pour fêter cette dernière journée australienne… mais Sebastian envoya un SMS… Il nous demandait s’il pouvait tester le mode 4X4 car il n’avait pas pensé à le faire plus tôt.
Nous nous sommes alors rappelé que nous n’avions pas vérifié ce mode depuis le problème avec Steve. Nous avons répondu à Sebastian qu’il n’y avait aucun souci pour qu’il le teste et l’avons testé à notre tour. Et le van s’est mis à vibrer… C’était la catastrophe, il ne nous restait plus que quelques heures avant le décollage ! Nous avons appelé Steve, lui expliquant qu’il avait certainement cassé quelque chose et que maintenant il devait nous sortir de cette situation. Il ne pouvait rien faire car il se trouvait avec sa petite-fille à plusieurs milliers de kilomètres de Perth. Mais il nous a tout de même dit d’essayer une chose : faire une marche arrière. Nous avons essayé et effectivement, cela permettait de désenclencher le mode 4X4. Mais ce n’était qu’une solution provisoire, nous ne pouvions pas la vendre comme cela alors nous sommes allés dans le garage le plus proche à Mosman Park et avons tout expliqué au garagiste. Il a accepté de nous prendre « en urgence ». Après une heure passé dessus à faire des tests, à mettre de la graisse à droite, à gauche, il nous a dit qu’il ne pouvait rien faire dans l’immédiat et nous a souhaité bon courage.
Sebastian essayait de nous joindre par téléphone depuis plus d’une heure. Nous avons fini par lui répondre lui expliquant que nous avions pris un peu de retard avec nos bagages mais que nous serions sur Perth dans 1h maximum.
Une fois sur Perth, nous avons réfléchi à toutes les possibilités. Fallait-il lui dire la vérité ? Espérer qu’il oublie de tester le mode 4X4 ? Que nous conduisions nous pour lui montrer le mode 4X4 et que l’air de rien, nous fassions une marche arrière pour désenclencher ?…
Nous avons même essayé de rappeler Israël qui était prêt à acheter le van sans même le voir pour avoir une solution de recours mais son numéro de téléphone n’étant pas un numéro australien n’était plus fonctionnel.
Nous avons fini par opter pour la sagesse en lui disant toute la vérité.
Nous lui donnons rendez-vous devant la banque. En arrivant, il nous attendait avec sa copine, ils nous avaient déjà pris un ticket de stationnement, ils étaient si heureux…
Nous commençons à nous diriger tous ensemble vers la banque (aurait-il oublié… ?) mais nous les avons arrêtés au bout de quelques pas :

– Il faut qu’on vous dise quelque chose
Ils blêmissent
– Il y a un problème avec le mode 4X4. Nous l’avons essayé ce matin et pour le désenclencher il faut…
Il interrompt Franck
– Il faut faire une marche arrière ?
– C’est ça !
Il semble rassuré.
Il fait quelques tests puis sort de la voiture.
– C’est bon, on va à la banque ?
– Euh… ok
Après avoir déposé l’argent à la banque, nous sommes partis tous ensemble à l’aéroport, Franck au volant. L’ambiance était détendue et conviviale.
Une fois dans l’aéroport, nous les avons regardés partir discrètement. Ils ont mis du temps, ont calé 2 fois mais ils sont partis. Nous n’étions vraiment tranquilles qu’une fois dans la salle d’embarquement.

Nous souhaitons bonne continuation à Obi et très bonne route à Ellen et Sebastian !

Take care and enjoy your trip

 

2 thoughts on “La vente d’Obi

  1. Gael

    Bonjour à tous ! Je part le 15 octobre en Australie avec ma copine , nous arriveront le 16 à Perth et nous aimeron savoir si vous avez des offres de van ou 4 *4 dans le coin … Merci !!

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