La route côtière Kystriksveien

La Kystriksveien, également appelée route côtière, est une très agréable alternative à l’E6 pour relier les villes de Bodø et de Steinkjer.

Après la traversée en ferry depuis les îles Lofoten, nous sommes arrivés à Bodø de nuit. Malgré mon avis contraire, Franck a insisté pour chercher un camping sauvage. Il a fini par trouver une petite zone boisée où nous avons posé la tente. Au réveil, nous avons découvert une culotte juste à côté de là où nous nous étions installés… Nous nous sommes rassurés en nous disant qu’il devait s’agir de la preuve que d’autres personnes avaient campé ici. Mais plus jamais de recherche de camping sauvage en pleine nuit !

Cela dit, cette petite promenade nocturne nous aura tout de même permis d’apercevoir notre premier élan.

Le matin, nous avons profité de notre présence dans une grande ville pour faire le plein de courses au Bunnpris et, en particulier, pour acheter de délicieux muffins tout chocolat.

Après cela, nous nous sommes rendus à l’office du tourisme pour nous renseigner sur les horaires des marées afin d’assister au maelström de Saltstraumen.

 

Le maelström de Saltstraumen

Vous vous dites certainement : “mais qu’est-ce donc que ce maelström de Saltstraumen ?”.

Un maelström est un puissant tourbillon qui se forme dans une étendue d’eau. Celui du détroit de Saltstraumen est le plus important au monde. Il se produit quatre fois par jour, aux horaires des marées.

400 millions de mètres cube d’eau s’engouffrent à des vitesses pouvant atteindre 20 nœuds (40 km/h), voilà de quoi nous motiver à patienter quelques heures.

Nous nous sommes donc rendus sur ce lieu mythique plus de trois heures avant l’heure fatidique, le temps de faire une petite sieste et de déjeuner au soleil.

Nous ne pouvons nier que plus les minutes avançaient plus le courant s’intensifiait. Des petits tourbillons ont commencé à se former par-ci par-là jusqu’à ce que… 5 bateaux pneumatiques remplis de touristes orange fluo, puis 3 jet-skis viennent s’amuser dans le détroit. Heureusement, ils ont quitté les lieux avant l’heure ultime, l’heure où le tourbillon géant allait se créer, les engloutissant les uns après les autres. Encore un peu d’attente et nous y étions : 15h54 ! Devant nous : une immense… déception ! Un courant particulièrement rapide, plein de petits tourbillons, mais c’était déjà le cas une heure plus tôt. Nous avons patienté quelques minutes de plus, mais il fallait se rendre à l’évidence, nous nous étions montés le bourrichon.

 

Au moment de l’écriture de cet article, j’ai fait un petit tour sur Wikipedia et il y est écrit “La puissance des tourbillons des marées tend à être exagérée, jusqu’à prendre les proportions mythiques d’entonnoirs dont aucun bateau ne pourrait sortir. Il existe peu d’histoires de navires d’une taille importante aspirés par un maelstrom, bien que des embarcations plus petites puissent toutefois être en danger. Les histoires racontées par Paul Diacre, Edgar Allan Poe ou Jules Verne sont entièrement fictives.” On se sent un peu moins seuls…

Après ce petit contretemps, nous avons repris la route en direction de la partie ouest du glacier Svartisen.

 

Svartisen

En arrivant au petit centre d’informations de Svartisen, à un peu plus de 17h, nous nous sommes retrouvés face à une porte close. Tout ce nous avons trouvé, c’est une affichette indiquant les horaires des bateaux pour se rendre au pied du glacier. Cela pourrait paraître suffisant, mais étant donné que nous étions fin août, donc hors saison, le choix était plutôt restreint. Le premier départ garanti était à 11h15 et le dernier retour, à 17h. A priori, il fallait compter 6h environ pour atteindre le haut du glacier (sur le côté, pas dessus) et redescendre. Voilà qui s’annonçait serré. Une autre alternative, plus confortable, consistait à appeler le conducteur du bateau pour lui demander d’assurer la traversée de 7h30, prévue en option. C’est ce que nous avons essayé de faire, un grand nombre de fois, mais seul le répondeur a daigné nous parler.

Sur le parking du centre d’informations, un couple de camping-caristes norvégiens s’était installé pour la nuit. Franck est allé les voir pour savoir s’ils avaient plus de renseignements concernant Svartisen. Ils n’en avaient pas et l’homme lui a expliqué que les Norvégiens faisaient un peu ce qu’ils voulaient. D’après lui, il fallait tenter de prendre le bateau à 7h30. Peut-être que le conducteur serait là, ou peut-être pas. Pour illustrer ses propos, il a raconté que, la veille, un gardien de musée avait mis à la porte tout un groupe d’Italiens, avant l’heure de fermeture officielle, parce qu’il avait envie d’aller se promener.

Nous avons donc décidé de poser la tente juste derrière le centre d’informations, situé à moins de 2km de l’embarcadère.

Le lendemain matin, à 6h30, nous avons tenté de rappeler le conducteur du bateau. Enfin une réponse. Pas de chance, il n’avait jamais eu notre message (mouais…). Le départ serait donc à 11h15.

Nous avons profité de ces 4h de quartier libre imposé pour nous laver, faire la vaisselle, faire un peu de rangement dans la voiture…

Nous avons embarqué sur le bateau avec un groupe d’Espagnols accompagnés d’une guide et de quelques autres personnes.

Une fois de l’autre côté du Holandsfjord, il restait encore 4km à parcourir avant d’apercevoir le glacier. Nous avions le choix entre les faire à pied ou emprunter des vélos mis à disposition. L’emprunt étant bien sûr facturé, au retour, sur le bateau. Nous avons opté pour les vélos, pour éviter de perdre trop de temps.

Une fois au pied du glacier, il n’y avait plus qu’à le longer. Nous avons vite fait le deuil de l’idée d’atteindre le refuge situé tout en haut, étant donné le temps imparti. Au contraire, nous avons vraiment pris notre temps pour l’admirer sous toutes ses coutures. Ses grottes, ses crevasses, son bleu turquoise. Nous nous sommes approchés jusqu’à sentir le froid polaire qui en émanait.

Nous avons aussi fait une petite pause pour regarder le groupe d’Espagnols s’essayer à la marche sur glacier. Et c’est loin d’avoir l’air facile.

Comme prévu, nous sommes repartis avec le bateau de 17h.

Nous sommes retournés sur l’aire de repos où nous avions passé la nuit pour déguster l’apéro et passer un peu le temps, en attendant de prendre le ferry à Forøy, situé à quelques kilomètres de là.

En débarquant à Ägskardet nous avons rapidement trouvé un lieu pour dormir. L’endroit était parfait, sauf un petit souci de voisinage. Nous nous sommes fait réveiller aux aurores par un troupeau de moutons particulièrement bavards.

 

De Svartisen à Sandnessjøen

Cette portion de la Kystriksveien est l’une des plus belles. Déjà, lors de la traversée en ferry entre Jetvik et Kilboghamn, nous avons traversé le cercle polaire arctique. Bien sûr, nous ne nous en sommes pas rendus compte, mais c’est quand même sympa de le savoir. Ensuite, il y a, le long de la route, plusieurs arrêts offrant de splendides panoramas sur la région.

Nous nous sommes arrêtés une première fois pour déjeuner, avec vue sur la mer.

Un peu plus loin, nous avons hésité à visiter les vestiges du fort nazi de Gronsvik avant de, finalement, décider de passer notre chemin pour des raisons de temps, car nous avions prévu de prendre le ferry de 15h30 à Nesna, en sachant que nous devions initialement prendre celui de 14h30, mais le déjeuner s’était avéré plus long que prévu.

Encore quelques kilomètres plus loin, nous avons garé la voiture, intrigués par un panneau indiquant une petite marche. Nous avons marché quelques centaines de mètres, dans la boue, sous les arbres, pensant que le chemin allait déboucher sur une superbe vue et… rien ! Nous avons fini par faire demi-tour.

Et une trentaine de kilomètres après, un nouveau point de vue, cette fois accessible directement en voiture, offrant un panorama à couper le souffle.

Nous avons tellement retenu notre souffle que nous avons failli oublier notre ferry ! Nous avons rapidement repris la voiture et sommes arrivés in extremis dans la file d’attente pour embarquer sur le bateau.

Et c’est là que Franck s’est rendu compte qu’il avait perdu ses lunettes de soleil.

Après réflexion, il s’est rappelé les avoir eu pour la dernière fois, lors de la petite marche dans la boue.  Nous voilà repartis trente kilomètres en arrière. Et heureusement, elles étaient bien tombées sur le chemin.

Nous avons finalement pris le ferry de 16h30. Comme quoi, il faut savoir être flexible en voyage…

En arrivant à Sandnessjoen, nous avons fait quelques courses, rempli le réservoir de Putter, et avons essayé de trouver des informations concernant les Sept Sœurs.

 

La chaîne montagneuse des Sept Sœurs ou Syv Sostre

A ce niveau du voyage, nous commencions à comprendre le fonctionnement de la Norvège : une information claire et précise n’existe pas ! Nous avons donc, comme d’habitude, recoupé les informations trouvées sur différents blogs avec les quelques lignes traitant du sujet sur le Lonely Planet et aussi, les maigres informations que nous a communiquées le jeune employé de la station-service. Et nous avons trouvé le parking d’où partait le trek pour atteindre les sommets des deux sœurs les plus hautes.

Il faut préciser que les Sept Sœurs sont sept montagnes situées les unes à côté des autres. Il existe d’ailleurs une course qui consiste à enchaîner les sept sommets. Le record est de 3 heures et 54 minutes, mais d’après le Lonely Planet, pour le commun des mortels, mieux vaut prévoir 15-20h. Nous avons donc décidé de nous limiter à un seul sommet, le plus haut, le Botnkrona.

Une fois sur parking, nous avons vu plusieurs personnes revenir à leur voiture. Franck est allé discuter avec l’une d‘entre elles pour avoir un peu plus d’informations sur la marche. En revenant, il m’a expliqué que la fille en question avait mis 3h (nous supposons aller-retour) et qu’en le voyant, elle lui avait dit qu’il devrait mettre 1h (nous supposons aller). Nous nous en sommes tenu à cette version, bien qu’un peu suspecte, jusqu’au lendemain matin où j’ai regardé le panneau officiel, situé au début du chemin de randonnée. Bizarrement, il y était indiqué un temps moyen de 6h30 aller-retour ! Ce qui semblait plus crédible compte tenu des 1000m de dénivelé ascendant. Face à ce nouvel élément, Franck s’est finalement dit que la fille de la veille avait certainement dû mettre 3h à atteindre le sommet et non à faire l’aller-retour. Et pour ce qui est de son estimation d’une heure, en le voyant, il a tout à coup prétendu qu’il savait qu’il s’agissait d’une blague de sa part. Mauvaise foi, quand tu nous tiens…

Nous voilà donc partis pour de longues heures.

Le trek s’est révélé être assez varié et vraiment beau dans l’ensemble. Nous avons commencé par une zone boisée, certains passages étaient boueux, trois passages assez verticaux ont dû être franchis à l’aide de cordes, nous avons longé deux lacs…

Les cent derniers mètres avant le sommet ont été un peu difficiles car il a fallu gravir des éboulis,

mais à l’arrivée, la vue sur l’ensemble de la chaîne montagneuse et les fjords aux alentours était absolument incroyable.

 

Nous étions un dimanche, ce qui nous a valu de rencontrer un certain nombre de Norvégiens en balade. Il y a eu les 3 copines qui ont fait l’aller-retour presque en courant, les “fous furieux”, équipés que d’un Smartphone pour surveiller leur rythme cardiaque, qui ont fait l’ascension comme un Parisien ferait son jogging du matin,

les familles, qui en profitaient pour promener leurs chiens (un westie et un scottish), ou encore, les amies retraitées dont l’une, habituée du lieu, avait décidé d’initier l’autre.

Étant donné le temps de marche et le long moment durant lequel nous sommes restés au sommet, nous avons rejoint la voiture aux alentours de 19h. Nous avons donc décidé de passer la nuit au même endroit que la veille.

 

Torghatten

A l’occasion de la traversée en ferry entre Tjotta et Forvik, nous avons fait le point sur la suite de notre périple et nous avons décidé d’ajouter un petit détour sur l’île de Torget.

Une fois sur place, nous avons commencé par profiter d’une bonne douche, moyennant quelques couronnes, au camping voisin. S’en est suivi un agréable déjeuner au soleil.

Ce n’est qu’après cela que nous sommes partis à la découverte du Torghatten, une cavité longue de 160 m, haute de 35 m et large de 20 m, au milieu de la montagne.

Pour découvrir ce trou géant, il y avait trois marches possibles. Nous avons opté pour la moins fatigante, car après l’ascension de la veille, il nous fallait un peu de repos.

De retour sur le parking, deux touristes nous ont interpellés pour savoir si le lieu valait vraiment le détour. Pour cela, ils ont bien sûr employé la langue universelle et Franck leur a également répondu en anglais et bizarrement, personne à part moi ne s’est rendu compte d’une évidence. Après quelques minutes d’échanges laborieux, je leur ai demandé “Vous parlez français ?”. Et sans surprise : ils étaient bel et bien francophones, de Belgique. Les Belges sont donc aussi nuls que les Français pour parler anglais.

Quoiqu’il en soit, nous les avons encouragé à faire la petite marche que nous venions de faire parce que c’est quand même un très gros trou !

Nous avons repris la route et avons de nouveau croisé des élans, au coucher du soleil, sur le bord de la route.

Nous avons passé la nuit à côté d’une cabane de pêcheur abandonnée. Mieux vaut ne pas avoir vu trop de film d’horreur. Les cabanes abandonnées, c’est rarement bon signe…

 

L’île de Leka

L’île de Leka (556 habitants) est définie par le Lonely Planet comme une île à la “beauté sauvage”, voilà de quoi nous convaincre de faire un petit décrochage de plus sur notre parcours.

En débarquant du ferry, nous avons commencé par visiter le centre d’informations. Il consistait en une carte de l’île dessinée directement sur le sol et quelques photos datant des années 80 imprimées au mur, et évidemment, pas une seule personne présente pour nous renseigner.

Une fois de plus, nous avons dû nous débrouiller par nous-mêmes.

A la sortie du centre d’informations, nous avons discuté avec une équipe de tournage venue filmer avec un drone. Ce dernier n’est jamais passé au-dessus de nos têtes au cours de la journée. Tant pis, notre seconde de gloire sera pour une prochaine fois.

Le principe, à Leka, est de faire plusieurs petites marches. Nous avons commencé par une marche dite culturelle. La paysage était sans aucun intérêt, mais l’idée était de lire les panneaux tout au cours du chemin, pour découvrir l’histoire de la région. Seul problème, la moitié des panneaux étaient vides et les quelques-uns existants n’étaient qu’en norvégien. Nous avons fait demi-tour au bout de quelques centaines de mètres.

Ensuite, nous sommes allés voir là où se trouvait, il y a plusieurs centaines d’années, l’un des plus grand bûcher. Alors, je ne dis pas que nous espérions voir une démonstration, mais là, il nous a fallu faire preuve de beaucoup d’imagination, il n’y avait à voir qu’une petite colline d’herbe.

Leka commençait à nous paraître comme une vraie arnaque.

Nous lui avons tout de même laissé une nouvelle chance avec une marche située dans une autre partie de l’île. Et enfin, la surprise fût à la hauteur de la réputation des lieux. En à peine quelques kilomètres, nous avions l’impression d’avoir changé de continent. Devant nous se dressait un aperçu du grand canyon (en tout cas l’image que nous en avons). Après une petite sieste pour moi et un bon déjeuner, nous avons effectué les deux petites marches proposées au cours desquelles nous avons découvert une roche ocre et jaune fissurée par le temps. Il est dommage que nous n’ayons pas pu avoir quelques informations concernant la géologie de l’endroit.

 

Après une petite hésitation, nous avons décidé de ne pas effectuer d’autres marches. Pour être honnête, c’est la chaleur étouffante (oui, en Norvège) qui nous a convaincus.

Nous sommes retournés à l’embarcadère pour prendre le ferry de 16h30. Comme nous avions un peu d’avance, j’en ai profité pour prendre une petite douche froide dans le centre d’informations car, à défaut de donner des informations, le centre d’informations met à disposition une douche et un lave-linge…

 

De Namsos à Steinkjer

Nous avons cherché un lieu où passer la nuit un peu après la ville de Namsos. Au hasard d’un détour, nous nous sommes presque perdus dans une zone forestière où nous ne croisions que des 4×4. Finalement, le GPS nous a aidé à savoir où nous nous trouvions et nous avons posé la tente sur une petite zone dégagée au milieu des grand arbres.

 

Le lendemain, nous avons atteint la fin de la route côtière Kystriksveien après une semaine au lieu des 3 jours prévus initialement.

 

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