Kakadu National Park

Kakadu est le plus grand parc national d’Australie, s’étendant sur plus de 200 km du nord au sud et sur 100 km d’est en ouest, il regroupe une faune diversifiée et une flore abondante ainsi que certains sites d’art rupestre parmi les plus beaux.

Le souci avec ce parc est qu’il n’a vraiment d’attrait qu’à une saison bien précise : en saison des pluies, le parc est inondé et donc inaccessible et en saison sèche, les cascades ne sont plus qu’un ruissellement et les étendues d’eau asséchées sont délaissées par les animaux. Il faut donc y aller juste après la wet season (saison des pluies) soit à partir du mois de mai.

En ce qui nous concerne, il semblerait que nous soyons arrivés un tout petit peu trop tôt et la plupart des routes 4X4 était encore fermée mais comme tout semblait rouvrir petit à petit, nous avons décidé d’y aller quand même en faisant quelques arrêts préalables pour « perdre » un peu de temps.

Notre premier arrêt a été à Fogg Dam Conservation Reserve, un tout petit parc, délaissé par le public au profit de son grand frère Kakadu. Il a été pour nous une très belle surprise. Nous y sommes arrivés en fin de journée et avons fait une courte marche sur des passerelles au-dessus de marécages, c’était absolument splendide. Mais le plus incroyable a été le coucher de soleil lorsque nous nous sommes rendus à un point de vue sur un point d’eau où des dizaines d’oiseaux aquatiques venaient manger. C’était vraiment passionnant de voir la hiérarchie entre les différentes espèces, les techniques de pêche de chacun… Nous y sommes restés plus d’une heure et avons renouvelé l’expérience le lendemain au lever du soleil cette fois-ci.

 

Nous avons fait un 2e arrêt, très rapide, à Window on the Wetlands. Il s’agit simplement d’une passerelle offrant un point de vue panoramique sur toute la région. Nous y avons rencontré un couple de belges qui décidément nous feront toujours rire. Je vous situe la scène : madame regarde avec des jumelles en direction d’un point d’eau, monsieur a pris en photo la zone en question.

–          M’enfin Pierre, tu vois bien que ça bouge ! Un tronc d’arbre, ça n’a jamais bougé tout seul, c’est bien des crocos !

–          Mais non, c‘est pas des crocos ! Attend, je zoome, je zoome…

–          Ah ! Y’en a un qui vient de plonger ! C’est des crocos !

(A nous) Vous saviez que si vous êtes pourchassé par un crocodile, il faut courir en zigzag ? En tout cas moi, si un jour un croco me court après, je serai tellement paniquée que vous pouvez être sûr de me récupérer les pieds devant.

–          A voilà ! J’avais raison ! C’est pas des crocos ! C’est des buffles !

Merci à tous les belges pour leur sens comique inné…

 

A Kakadu, il existe de très nombreux sites d’art rupestre mais la plupart se trouvent en territoire interdit ou inaccessible. Les 2 galeries accessibles au public sont Ubirr et Nourlangie. Ces peintures rupestres sont classées en 3 grandes époques. La période pré-estuarine, la plus ancienne, comprend les œuvres remontant à 6000 ans environ. La période estuarine s’est achevée à son tour il y a quelque 2000 ans, lorsque la montée des eaux amena le tracé de la côte à son niveau actuel. Enfin la période dite de l’eau fraîche se poursuit de nos jours (source : Lonely Planet). La chance étant une fois de plus avec nous, nous nous sommes retrouvés à Ubirr en fin d’après-midi, le soleil était précisément à la bonne hauteur pour éclairer la galerie principale abritant des dessins dits « aux rayons X » de tortues, de kangourous et de poissons : magnifique ! Par contre, nous avons été un peu justes pour atteindre le Nardab Lookout, et avant dû nous arrêter un peu avant pour contempler le coucher de soleil sur les plaines inondables. Et pas question de continuer une fois le soleil couché, un Ranger était là pour s’assurer que tout le monde retourne au parking (et bien sûr, n’y reste pas pour la nuit).

 

Nourlangie abrite des peintures plus récentes qu’à Ubirr. Par exemple, certaines représentes les armes des premiers colons, et ça ne date « que » de 150 ans. Nous en avons également appris un peu sur les croyances aborigènes à travers les représentations des personnages du Dreaming. Saviez-vous, par exemple, que l’orage a été créé par le Lighting Man (l’homme lumière) ?

 

Initialement, nous souhaitions faire un détour par la Terre d’Arnhem, une région aborigène authentique, mais la route pour y accéder était fermée pour cause d’inondation. Au moment où nous nous trouvions à Kakadu, la route en question a rouvert, super ! Nous sommes donc allés au bureau où demander le permis pour accéder à cette région (parce que oui, il faut un permis) et la dame nous a expliqué que nous pouvions effectivement « passer la frontière » mais qu’ensuite il nous fallait suivre une route bien précise, ne jamais s’arrêter en chemin et que nous ne pouvions aller qu’à la galerie d’art aborigène. Vu les conditions imposées, il semblait que nous n’étions pas vraiment les bienvenus. Nous nous sommes donc abstenus…

 

Comme nous n’avions encore vu aucun crocodile étant donné qu’à chaque fois qu’il y en a quelque part l’accès y est interdit, nous avons décidé de s’offrir une petite croisière sur la Yellow Water. L’expédition étant organisée par le lodge/camping, nous avons pour une fois passé la nuit dans un vrai camping avec des douches, une piscine et un buffet pour le petit-déjeuner ! Ce qui s’annonçait comme un cadre de rêve a vite viré au cauchemar : dès la nuit tombée, des centaines de moustiques sont venus nous envahir donc impossible de dormir le van ouvert, il faisait une chaleur étouffante donc impossible de dormir le van fermé. A 2h du matin, nous voyons plusieurs tentes avec de la lumière à l’intérieur et des gens qui s’agitaient dans tous les sens, nous nous sommes sentis moins seuls… Finalement, Franck a tenté de dormir dehors. Résultat, il n’a pas fermé l’œil de la nuit et s’est retrouvé avec quelques centaines de piqûres. Moi, je suis restée dans le van fermé et après avoir exterminé quelques agresseurs, j’ai dormi 2-3 heures.

Le bateau partait à 6h45 et malgré la fatigue nous en avons bien profité. Nous avons vu des « salties » (crocodiles d’eau de mer) et différents oiseaux. Notre guide nous a appris plein de choses sur la faune et la flore de la région.

 

Pour notre dernier jour dans le parc, nous sommes allés à Yurmikmik pour voir des chutes d’eau, moins célèbres que Jim Jim Falls et Twin Falls inaccessibles jusqu’à apparemment mi-juin. Au moment de nous préparer, nous nous sommes rendu compte qu’une charmante araignée avait élu domicile dans l’une des chaussures de Franck, elle avait fait un joli petit cocon ! Je vous laisse deviner lequel de nous 2 a été le plus téméraire pour la déloger…

Les premières chutes d’eau, Motor Car Falls, étaient accessibles par un sentier de randonnée de 4 km plat, très plat, d’un ennui mortel. Quelques minutes après que nous y soyons arrivés, un groupe de 3 personnes, accompagné d’une guide est arrivé. On pourrait se demander à quoi sert une guide sur une marche aussi simple… Eh bien, elle a sorti la petite nappe, le café et les cookies maison pour tout le monde. La classe !

2 km plus loin, se trouvait Kurrundie Creek. La première marche m’ayant amplement suffit, j’ai décidé de retourner à la voiture mais Franck voulait absolument aller voir « vite fait » ces autres chutes d’eau. Le seul détail qu’il avait oublié de prendre en compte est qu’il s’agissait d’un « unmarked track », c’est-à-dire un trek où il n’y a pas de gentils petits poteaux pour savoir quelle direction prendre… Il s’est donc complètement perdu, a marché au milieu de plantes coupantes (en bermuda bien sûr) et il aurait vu un jet de venin de serpent passer juste devant lui (vous savez, le fameux serpent qui crache son venin à distance et qui ne vise pas toujours très bien…). Finalement, il a trouvé les chutes d’eau et a pris en photos le chemin à emprunter pour y accéder. Avis aux éventuels intéressés…


Ou dormir en van à Kakadu National Park ?

2 thoughts on “Kakadu National Park

  1. eric et Karen

    magnifique la photo du martin pecheur!!
    je me rappelle bien de ses super nuits a hesitez, “moustiques ou chaleur??!!!”
    en tout cas, votre visite de kakadu avait l’air de valoir le coup…
    et l’annonce? c’est en ligne??
    profitez bien, a+

  2. Pingback: Camping sauvage en Australie |  Walk Around The World

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