Holguín

Je tiens à commencer cet article par un mea culpa. Vous allez vite vous rendre compte que nous avons quelque peu “bâclé” notre retour à la Havane. La cause ? Le temps. Quel temps ? Les deux ! En effet, il ne nous restait que 6 jours avant notre vol retour et durant 4 jours, la pluie ne nous a pas lâchés.
Ceci étant dit, revenons-en à notre périple.
Nous avions donc décidé de rejoindre Holguín par la route du nord passant par Moa. Cette route nous ayant été décrite comme l’une des plus dévastées de Cuba, nous avions prévu la journée entière, moins les 2h passées dans la Bahia de Taco, pour l’effectuer. Finalement, mis à part quelques courts passages où la vitesse maximale envisageable était de 10km/h compte-tenu du fait qu’il y avait plus de trous que de bitume, nous n’avons rencontré aucune difficulté. Sur la route, nous avons traversé la ville de Moa, ville connue pour être le centre d’une région très riche en nickel. Ses grandes cheminées fumantes sortant des usines ainsi que la poussière rouge recouvrant les routes et colorant les points d’eau, donnent à la ville un aspect austère qui ne nous a pas vraiment donné envie d’y faire une halte.

Par contre, comme la route s’est révélée moins compliquée que ce qu’on nous avait annoncé, nous avons décidé de faire un léger détour pour découvrir Salto del Guayabo, la chute d’eau la plus haute de Cuba.
Je rappelle que nous n’avions plus de GPS et pas non plus de carte digne de ce nom. Alors voilà les informations que nous détenions du Lonely Planet:
1. La chute d’eau se trouve à 15km de la Villa Pinares del Mayarí
2. La Villa Pinares del Mayarí se trouve à 30km au sud de Mayarí

La question que nous nous sommes alors posée est:

Depuis Mayarí, la chute d’eau se situe-t-elle avant ou après la Villa Pinares ?
Antes ou despues, c’est bien ce que nous avons essayé de demander aux habitants mais impossible d’avoir une réponse claire.

Nous avons finalement décidé d’y aller quand même… Et bonne nouvelle: la chute d’eau se situait bien avant la Villa Pinares soit à 15km de la ville mais (car il y a toujours un mais) la route pour y accéder était dans un tel état que nous avons mis près de 3/4 d’heure à y arriver.
Pour accéder au point de vue, il fallait traverser une passerelle qui longeait un restaurant où quelques touristes prenaient un verre. En arrivant à la plateforme d’observation, nous avons été très déçus. Bien que haute de plus de 100m, la chute d’eau était tellement loin et si peu dense, qu’elle paraissait vraiment ridicule. Nous allions tout de même prendre une photo lorsqu’un homme est arrivé derrière nous, tout sourire. Dans un anglais parfait, il s’est excusé d’avoir loupé notre arrivée car il se trouvait à ce moment là dans la cuisine. Il nous a alors expliqué les différentes activités possibles c’est-à-dire deux plateformes d’observation et deux courtes marches, moyennant 5 CUC par personne. Nous lui avons répondu que nous n’avions pas le temps de faire les marches. Il nous a demandé de patienter et s’est absenté quelques minutes. À son retour, il nous a tendu une sorte de ticket d’entrée sur lequel était indiqué que nous devions payer 10 CUC. Nous lui avons à nouveau dit que nous ne voulions pas faire les marches. Son sourire commercial avait disparu. Sur un ton quelque peu plus agressif, il nous a indiqué que nous devions le payer simplement parce que nous étions rentrés “chez lui”. Nous lui avons expliqué que si quelqu’un ou un simple panneau à l’entrée nous avait notifiés de cette somme à régler, nous ne serions pas rentrés “chez lui”. À court d’argument, il s’est énervé et nous a envoyé un employé pour nous raccompagner à notre voiture. Nous nous sommes excusés auprès de l’employé qui n’avait rien à voir avec cette histoire. Il nous a fait comprendre qu’il nous donnait raison mais que lui, ne pouvait pas se prononcer. Il a fait ce fameux geste, deux doigts sur l’épaule, signifiant “les chefs”.
Nous avons repris la route jusqu’à Holguín où nos hôtes, amis de la famille chez qui nous dormions à Baracoa, nous attendaient.

Le lendemain matin, avant de refaire une journée de route, nous avons courageusement gravi les 465 marches menant à la Loma de la Cruz (colline de la croix) pour bénéficier d’un panorama sur toute la région.

En redescendant, nous avons aperçu 4 gamins qui gravitaient autour de la voiture. Franck a dévalait les marches restantes en leur hurlant dessus. L’un d’entre eux nous a assuré qu’ils voulaient juste regarder. Vrai ou pas, nous n’avons en tout cas eu ni vitre cassée ni pneu crevé…
Nous avons ensuite repris la route en direction de Remedios.

 

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