De retour à la Havane

Plus qu’une petite centaine de kilomètres nous séparait de La Havane, où notre périple avait commencé.

Bien que relativement courte, la route, appelée via Blanca, méritait quelques arrêts. Tout d’abord, nous avons fait une rapide escale au Mirador de Bacunayagua situé au niveau du plus long pont de Cuba (314 m de long pour 103 m de haut). Le panorama était grandiose, mais malheureusement gâché par une surexploitation touristique du lieu : un groupe de musiciens enchaînant les clichés allant de Hasta Siempre Che Guevara aux succès du Buena Vista Social Club, un bar faussement tendance et un parking hors de prix.

 Mirador de Bacunayagua

Un peu plus loin, à Playa Jibacoa, nous avons marché sur la plage, profitant de la réapparition du soleil. Franck s’est même permis une petite baignade. Puis nous avons repris la voiture et avons suivi une petite route qui montait. Une fois en haut, nous avons pu bénéficier d’un joli panorama sur la côte.

La faim commençant à se faire sentir, nous sommes partis en quête d’un restaurant. Toujours sur les hauteurs de Playa Jibacoa, nous avons trouvé une gargote servant de bar/restaurant aux jeunes campeurs cubains de passage pour le week-end. Nous nous sommes installés à une petite table protégée, par quelques bâches tendues, du vent et de la pluie qui étaient de retour, et avons commandé deux poulets-frites. Le restaurant n’étant, semble-t-il, pas habitué à une telle affluence, il nous a fallu près d’une heure pour être servis. Affamés, nous avons dévoré nos plats en quelques minutes.

Playa Jibacoa

Cette fois, il était temps de parcourir les derniers kilomètres nous séparant de La Havane. Pas de GPS, pas de « vraie » carte, pas de panneaux et une route barrée, en un mot : la galère ! Il y a bien eu un homme qui s’est proposé de nous indiquer la route si nous le prenions dans la voiture, mais il nous paraissait un peu « louche ». Avec un peu de bon sens, un peu de chance, quelques souvenirs et beaucoup de patience, nous sommes arrivés devant la casa d’Armando. Il n’avait aucune chambre disponible, mais il a passé quelques coups de fil pour nous trouver une casa où passer nos dernières nuits cubaines. Il était ravi d’apprendre que nous avions suivi la plupart de ses recommandations en matière de logement tout au long de notre périple et impressionné par tout ce que nous avions fait en « seulement » un mois. Sur les recommandations d’une amie à lui, nous nous sommes donc rendus dans la casa de Raquel, une immense maison coloniale tenue par Raquel, une dame d’un certain âge, faisant incontestablement partie des nantis de Cuba.

Casa de Raquel

Notre première impression de La Havane avait été plutôt négative, mais nous étions prêts à donner une nouvelle chance à la capitale cubaine.

Et finalement, maintenant que nous étions rodés pour éloigner rapidement les jineteros, après avoir découvert l’Université de La Havane, être rentrés dans quelques boutiques,

Image-8361

avoir assisté à une partie de dominos enflammée,

Partie de dominos

malgré un Cubain ivre qui a essayé de piquer les lunettes de soleil de Franck et qui a également essayé de me kidnapper,

Tentative de kidnapping

après avoir erré au hasard des rues et des ruelles,

et avoir effectué un trajet dans un coco-taxi,

 

nous pouvons dire que:

La Havane est une ville qui mérite que l’on prenne le temps de l’apprivoiser.

Nous sommes même allés visiter les deux forteresses du Parque Histórico Militar Morro-Cabaña, érigés entre le XVIe et le XVIIIe siècle, offrant une vue imprenable sur toute la baie de La Havane.

L’heure du départ ayant sonné, nous avons été raccompagnés à l’aéroport par le chauffeur de Raquel. Au cours du trajet, il nous a énuméré les nombreux pays qu’il avait eu l’occasion de visiter. Étonnée par ses propos en contradiction avec tout ce que nous avions pu entendre jusqu’à cet instant, je me suis permis de lui demander comment il avait fait pour voyager autant. Un peu gêné, il m’a répondu :

« À Cuba, tout est possible lorsqu’on a de l’argent. »

 

Leave a Reply

%d bloggers like this: