De Holguín à Morón: à la recherche des flamants roses

Objectif de ce jour: atteindre Morón soit 6h de route.

Étant partis relativement de bonne heure nous avons décidé de faire un petit détour par le Refugio de Fauna Silvestre Río Máximo sur la côte nord de la province de Camagüey. Il s’agit de zones humides abritant les plus grands sites de nidification de flamants au monde, lieu considéré comme unique par le Lonely Planet. Seul hic, pour le trouver nous n’avions qu’un plan approximatif dans le guide et l’indication qu’il se trouvait entre le río Máximo et le río Cagüey… Qu’à cela ne tienne, en arrivant à la ville de Sola qui semblait être relativement proche de nos oiseaux, nous avons demandé à plusieurs personnes où se trouvaient ces fameuses zones humides. “Demandé” est un bien grand mot. En effet, comme j’étais au volant c’est Franck qui était chargé de se renseigner. Son vocabulaire espagnol se limitant à recto, derecha et izquierda, il a choisi de communiquer par le mime et malheureusement, aucune preuve photographique ne vous permettra de profiter de l’imitation du flamant rose… Pour toute personne qui serait confrontée à ce même problème, sachez que flamants roses, en espagnol, se dit flamencos. Est-ce à cause du mime ou de l’ignorance de nos amis cubains mais toujours est-il qu’ils nous ont tous orientés vers le Criadero de Cocodrilos, un piège à touristes prétendu élevage de crocodiles. N’étant qu’à une quinzaine de kilomètres des crocodiles, nous avons décidé d’y aller en espérant que le personnel pourrait nous renseigner sur nos flamants roses. Après avoir mobilisé 3 personnes durant près de 20 minutes nous avions, a priori, toutes les indications pour enfin trouver ces fichus oiseaux. L’idée était donc de repartir en arrière sur une trentaine de kilomètres puis de traverser un chemin de fer désaffecté et de prendre juste après une petite route sur la gauche jusqu’à la réserve. Une fois le chemin de fer traversé, nous avons effectivement trouvé une petite route en terre partant sur la gauche, nous l’avons empruntée puis avons demandé confirmation qu’il s’agissait du bon chemin à deux femmes qui venaient d’un village voisin. Nous les avons fait beaucoup rire. Et malheureusement pour nous, elles nous ont expliqué qu’il n’y avait que le village au bout de ce chemin. Nous voilà donc de retour sur la route bitumée. Quelques kilomètres plus loin, de nouveau un chemin de fer désaffecté suivi d’une route en terre partant sur la gauche mais cette route extrêmement boueuse nous semblait quelque peu inaccessible avec notre petite Kia. Justement, des paysans accompagnés de leurs buffles arrivaient vers nous. Et après une énième imitation du flamant rose, les paysans nous ont indiqué, en hurlant (ndlr: pourquoi les cubains communiquent-ils si souvent en criant ?), de reprendre la route encore quelques kilomètres et que nous trouverions notre fameuse route en terre… Devinez où ! Après avoir traversé un chemin de fer désaffecté ! Rebelote, toutes les conditions étaient à nouveau réunies et justement un paysan sur son cheval ainsi qu’un jeune sur un vélo arrivaient sur la droite et s’apprêtaient à prendre le chemin que nous espérions être le bon. Le paysan ne comprenait rien à ce que nous lui racontions (et nous l’avons aussi beaucoup fait rire…) mais le jeune nous a, ô miracle, confirmé qu’il s’agissait du bon chemin, il nous a même proposé de nous servir de guide. La route en terre d’à peine 8 km était tellement défoncée, que nous avons mis plus d’une demi-heure à atteindre le centre d’information qui gérait le refuge. Et bravo à notre petite Aki, qui a surmonté toutes les difficultés ! Nous étions enfin arrivés mais aucun flamant rose à portée de vue. Assez rapidement, une dame nous a demandé si nous avions une autorisation délivrée par un bureau administratif situé à Camagüey. La réponse étant bien évidemment “non”. Autre problème, les 2 kilomètres nous séparant des flamants roses étaient extrêmement boueux, il était donc impossible de les franchir à pied, à vélo ou avec notre voiture. Étant donné le mal que nous étions donnés pour arriver jusque-là, les employés, un peu par pitié, étaient prêts à nous emmener avec leur tracteur. Mais les Cubains ne font jamais rien sans l’autorisation des chefs, alors ils ont d’abord essayé de les contacter par radio, sans succès, puis l’un d’entre eux est parti, à pied, téléphone portable à la main dans l’espoir de trouver un peu de réseau. Pendant ce temps, nous nous sommes changés et avons enfilé nos chaussures de marche, au cas où… Après un quart d’heure d’absence, l’employé est revenu et nous a annoncé qu’il était impossible d’aller voir les flamants roses sans autorisation et, qui plus est, que la pluie n’allait pas tarder à arriver et qu’il valait mieux faire la route en sens inverse avant que ça ne tombe. Nous nous sommes résignés et sommes repartis bredouilles. Et effectivement, quelques mètres à peine après que nous ayons rejoint la route bitumée, une pluie torrentielle s’est abattue.

flamants

Nous avons repris la route jusqu’à Morón.

 

2 thoughts on “De Holguín à Morón: à la recherche des flamants roses

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